Commentaire sur le réferendum sur le Brexit


Jeudi, le peuple britannique a solennellement voté en faveur de la sortie de leur pays de l’Union européenne.

Au grand contraire de la plupart des autres obsérvateurs, je ne suis guère surpris par ce résultat.

Depuis plusieurs décennies, les élites européennes ont construit – contre la volonté profonde des peuples européens – un super-état fédéral européen, profondement anti-démocratique, géré par des bureaucrates et des politiciens non-élus qui ne sont responsables devant les peuples gouvernés. Un super-état dans lequel les pays-membres ont perdu la plupart de leur souveraineté et dans lequel les élites en veulent leur confisquer les derniers vestiges.

A chaque occasion où les électeurs ont voté contre leurs projets – comme la Constitution européenne – ils ont bafoué la volonté des électeurs au lieu de l’obéir.

Les peuples européens leur avaient envoyé assez d’avertissements au fil des années : le “non” à la Constitution européenne en 2005, le non irlandais au traité de Lisbonne en 2008, la victoire de plusieurs partis eurosceptiques (notamment en Royaume-Uni et en France) dans les élections au Parlement européen en 2014, le rejet de l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine par le peuple néerlandais en 2016… Il y avait assez d’avertissements que les peuples européens n’approuvaient PAS la centralisation de l’UE et la suppression des derniers vestiges de leur souveraineté.

Mais les élites européistes n’ont guère écouté. Au contraire, ils ont continué comme si rien n’en était. Ils ont resuscité et fait voter, par voie parlementaire*, la Constitution europeenne sous le nom du Traité de Lisbonne. Quand l’Irlande l’a rejeté, ils l’ont fait voter de nouveau pour qu’elle donne le résultat désiré.  Après la crise financière de 2008-2009, ils ont mis en oeuvre une “union fiscale” et ont imposé une politique d’austerité qui n’a rien fait pour améliorer la situation des pays méditerranéens.

En 2014, après des élections au Parlement européen gagnées dans plusieurs pays (notamment la France et la GB) par des partis eurosceptiques, ils ont nommé Jean-Claude Juncker, un archi-eurofédéraliste et politicien rejeté dans son propre pays, au poste du Président de la Commission européenne. En 2015, en réponse a la crise de réfugiés, ils ont exigé à tous les pays européens d’accepter de réfugiés sous peine de sanction ; le président du Parlement européen, M. Martin Schultz, a même averti a cette occasion que cette solution serait imposée aux pays-membres “par force” (“mit Macht”)  si nécessaire.

Enfin, en 2016, Angela Merkel, ayant illégalement usurpé le rôle de réprésentatrice de toute l’UE, a accordé la supprimation du régime de visas pour des Turcs souhaitant entrer dans le territoire de l’UE et a acceléré le processus de l’adhésion de la Turquie dans l’UE.

Les peuples européens ont donc envoye beaucoup d’avertissements aux bureaucrates bruxellois et aux dirigeants des pays européens qu’ils ne voulaient plus de l’Europe ; qu’ils ne souhaitaient guère qu’une politique uniformiste européenne leur soit imposée par Bruxelles.

Mais les elites européistes ont été aveugles et sourdes. Elles n’écoutaient guère les peuples européens. Ils continuaient (et souhaitent toujours continuer) a avancer la construction du super-état fédéral europeen contre le gré des citoyens européens. Il suffit d’ecouter ce que dit M. Juncker ou lire ce que proposent maintenant pour l’Europe Nicolas Sarkozy, Alain Juppe et François Fillon : même plus de cessions de souveraineté par les pays-membres au profit des bureaucrates non-élus bruxellois et pas de référendum sur cette question ; ils jugent les simples Européens trop stupides pour décider la question.

Il n’est donc guère surprenant que les Britanniques ont décidé qu’ils ne souhaitent plus appartenir a (et être gouvernés par) une telle Union européenne.

Et desormais, le divorce entre les peuples européens et les élites européistes est consommé et irrémédiable.

Au moment de la ratification du traité de Lisbonne par les parlements européens, le soi-disant “projet européen” a perdu toute légimité démocratique.

Parce que les elites européistes ont bafoué la volonté des électeurs européens, ces derniers se sentent complètement exclus du processus de prise de décisions. Ils sont gouvernés par une bureaucracie bruxelloise qui ne prend guère en compte leur opinion.

Comme l’explique Ambrose Evans-Pritchard, l’un des journalistes britanniques les plus respectes :

Angry reproaches are flying in all directions, but let us not forget that the root cause of this unhappy divorce is the conduct of the EU elites themselves. It is they who have pushed Utopian ventures, and mismanaged the consequences disastrously. It is they who have laid siege to the historic nation states, and who fatally crossed the line of democratic legitimacy with the Lisbon Treaty. This was bound to come to a head, and now it has.

Traduction française :

Des accusations furieuses volent dans toutes les directions, mais n’oublions pas que la cause fondamentale de ce divorce triste est le comportement des elites européennes elles-mêmes. Ce sont elles qui ont fait avancer des projets utopiques et en ont traité les conséquences d’une façon désastreuse. C’est elles qui ont assiégé les états-nations historiques et qui ont fatalement franchi la ligne de légitimité démocratique avec le Traité de Lisbonne. Cela devait inéluctablement finir, et maintenant, c’est le cas.

Bref, les elites européistes – à Bruxelles et dans les partis politiques européens de “mainstream”, dont l’UMPS français – doivent enfin comprendre que les électeurs européens ne veulent PLUS d’Europe; qu’ils ne souhaitent PAS davantage d’intégration et de pertes de souveraineté; qu’ils ne veulent point être gouvernés par un super-état fédéral européen.

Par conséquence, il faut une décentralisation profonde de l’UE, dont les compétences doivent être strictement limitées au fonctionnement du Marché Commun, l’assurance des quatres libertés fondamentales, le commerce exterieur, l’énergie, les relations avec le reste du monde et les transports pan-européens. Tout le reste doit être le domain exclusif des pays-membres, de leurs régions et de leurs collectivités locales.

Si les elites européennes choisissent cette fois-ci, comme d’habitude, d’ignorer l’opinion publique, la Grande Bretagne ne sera guère le dernier pays à quitter l’UE – et toute la “construction européenne” s’effondra dans quelques années.

 

 

 

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s