Attention aux faux gaullistes !


« Le tout, pour que les États-Unis puissent mieux gouverner  l’Europe. Dans ce cas, l’Europe disparaît, la France est abolie. »

– Le Général de Gaulle à Alain Peyrefitte

Construction-européenne-et-retrait-de-lOTAN

Cette année, beaucoup de candidats présidentiels à la droite se disent “gaullistes” et se réclament le manteau du Général de Gaulle, comme s’ils en étaient des élèves fidèles. Alain Juppé se dit “fidèle à l’héritage du gaullisme”. François Fillon se dit ouvertement “gaulliste” et fait des pélérinages fréquents au tombeau du Fondateur de la France Libre. Nicolas Sarkozy, lui aussi, invoque souvent le Général.

Hélas, force est de constater que ces trois candidants ont malheureusement très peu à voire avec le gaullisme.

Qu’est-ce qu’est le gaullisme ?

Pourquoi ? Parce que le gaullisme, c’est avant tout la défense de la souveraineté de la France contre toute atteinte à celle-ci, que cette atteinte provient de la part de la prétendue “construction européenne”, l’OTAN, le Fonds Monétaire International, la suprématie du dollar, des accords de libre-échange avec les Etats-Unis, ou au contraire de la part de l’Allemagne, la Russie ou quelqu’un d’autre.

Le gaullisme, c’est surtout la défense intraitable de la souveraineté de la France, coûte que coûte.

Ainsi le général de Gaulle fut-il un souverainiste et un eurosceptique farouche. Il rejettait absolument la supranationalité et l’idée de la dissolution de la France dans un super-état supranational européen. Il était absolument opposé à l’idée de cession de la souveraineté de la France en faveur des institutions bruxelloises non-élues (et de facto contrôlées par Washington). Rien ne lui était plus odieux que l’idée (défendu par MM. Juppé et Fillon et par presque tous les autres européistes) que la France est aujourd’hui trop pétite et trop faible pour peser sérieusement dans le monde. Par sa politique de grandeur de la France, il apportait la preuve vivante du contraire.

MM. Juppé, Fillon et Sarkozy : des faux-gaullistes

Par contre, MM. Juppé, Fillon et Sarkozy sont des européistes  farouches qui cherchent à dissoudre la France dans une construction dite “européenne” et de facto contrôlée, je l’ai dit, par Washington. Tous les trois ont soutenu les néfastes Traités de Maastricht, d’Amsterdam, de Nice et enfin de Lisbonne qui ont transfert la plupart de la souveraineté nationale de la France aux bureaucraties non-élues (et donc complètement illégitimes) bruxelloises.

C’était, en fait, Nicolas Sarkozy qui avait signé et ratifié ce traité en bafouement du vote solennel des Français rejettant la Constitution européenne en 2005 (soutenue par tous ces trois personnages). François Fillon était alors Premier ministre.

Aujourd’hui, tous les trois veulent céder encore davantage de souveraineté de la France au profit de ces bureaucraties bruxelloises non-élues qui nous dictent notre politique et notre mode de vie, et qui tuent la croissance et la competitivité de l’économie française.

Ils veulent notamment créer :

  • un “gouvernement économique européen” qui dicterait l’ensemble de la politique économique, financière et monétaire aux pays-membres de la zone euro ;
  • une agence de renseignement européenne (ce qui serait une atteinte grave à la sécurité de la France et aux secréts de l’Etat et qui serait sans doute mise à la disposition des Américains) ;
  • un corps de garde-frontières européen, ce qui priverait la France à jamais du contrôle de ses frontières ; et
  • une armée européenne (dite “Europe de la Défense”), ce qui la priverait complètement de sa défense (y compris de sa force de dissuasion nucléaire) et du dernier vestige de son souveraineté.

Ils rejettent d’ailleurs fermement toute proposition de sortir de la France de la zone euro, bien que la monnaie commune européenne est l’une des causes principales de la malaise économique que subit la France (et le reste de la zone euro). Ce n’est pas par hazard que la zone euro est aujourd’hui la lanterne rouge de la croissance économique mondiale.

Odieux au Général et aux vrais gaullistes

Rien n’aurait été plus odieux au général de Gaulle que de tels idées de dissolution de la France qui s’appuient sur le mensonge également odieux que la France “ne peut plus peser dans le monde” et doit donc se dissoudre dans état fédéral européen.

Le général de Gaulle apportait la preuve vivante du contraire avec sa politique de grandeur qui a mené à la création de la force de dissuasion, à la reconnaissance diplomatique de la Chine populaire et une détente avec la Russie soviétique, le renouveau de l’amitié traditionelle de la France avec les pays latino-américains, et le retrait de la France du commandement militaire intégré de l’OTAN.

Il prouvait ainsi, pendant les années 1960, que la France était toujours une puissance planétaire qui n’avait d’instructions politiques, diplomatiques, économiques ou militaires de recevoir de personne.

Partout où il allait, il était accueilli par des millions et des millions d’admirateurs, parce que ces derniers rendaient, en la personne de Charles de Gaulle, hommage à la France alors pleinement souveraine qui rejettait toute domination ou hégémonie et était libre de tout bloc.

L’UE, outil de vassalisation envers Washington

Enfin, soulignons ici que MM. Sarkozy, Fillon et Juppé sont aussi des atlanticistes… parce qu’être européiste, ça veut automatiquement dire “être atlanticiste”. Car la prétendue “construction européenne” est une invention américaine dont le but est – et a toujours été – d’assujettir les pays européens aux Etats-Unis.

Un fait dont le général de Gaulle nous avait avertis maintes fois, pour la première fois le 15 mai 1962 lors de sa conférence de presse celèbre. Notons ici que l’impact de cet évenement était tel que les ministres européistes MRP (prédecesseur de l’UDF et du MoDem actuel) quittèrent le gouvernement sur-le-champ.

Plus tard, le général de Gaulle nous a averti encore à plusieurs reprises de ce fait. Il a même dit explicitement à ses ministres à huis clos. Ainsi a-t-il expliqué le vrai but de la soi-disante “construction européenne” :

« Le tout, pour que les États-Unis puissent mieux gouverner  l’Europe. Dans ce cas, l’Europe disparaît, la France est abolie. »

(source: Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, Fayard, 1997, tome 2, pages 229-230)

« Vous savez ce que ça veut dire, la supranationalité ? La domination des Américains. L’Europe supranationale, c’est l’Europe sous commandement américain. »

(source : C’était de Gaulle, tome 2, p. 217)

Les faits nous apportent, tous les jours, la preuve de la justesse des constats de l’Homme du 18 juin. L’UE est, un effet, “l’Europe sous le commandement américain.” Ses institutions et ses élites sont contrôlées étroitement par les Américains, dont l’exemple le plus fameux maintenant est Jose Manuel Barroso, embauché récemment par la banque américaine Goldman Sachs qui avait pillonné la Grèce tout en conseillant aux gouvernements de ce pays. Remarquons ici que c’est M. Barroso, en tant que Premier ministre du Portugal, qui avait privatisé la société pétrolière nationale portugaise en la vendant au Groupe Carlyle américain qui compte la famille Bush parmi ses actionnaires les plus importants. Et, bien sûr, M. Barroso, en tant que Premier ministre, soutenait fervemment l’agression américaine contre l’Irak en 2003. C’était, en fait, aux Azores (où les Américains détiennent toujours une vaste base aérienne) que MM. Barroso, Bush, Blair et Aznar avaient lancé, le 17 mars 2003, un ultimatum à Saddam Hussein qui servait de prétexte pour la guerre pour les Américains.

Quand à son succésseur, Jean-Claude Juncker, celui-ci avait dû démissionner en tant que Premier ministre du Luxembourg après la révelation de l’affaire Luxleaks. Il s’agit du fait que le gouvernement Juncker du Grand-Duché avait octroyé des privilégiés fiscaux très lucratifs aux sociétés américaines pour que celles-ci puissent éviter les impôts ailleurs en Europe.

Et maintenant, la Commission Juncker est en train de négocier avec les Etats-Unis le traité de libre-échange TAFTA qui ouvrira le marché commun européen à la concurrence totalement déloyale des Américains qui ne respectent aucune des normes sociales ou environmentales qui sont actuellement en vigeur en Europe et qui exigent, en même temps, que l’Europe respecte rigoreusement des sanctions et des interdictions décidées unilatéralement par Washington.

Pire encore, cet accord néfaste créera des tribunaux privés contrôlés par des grandes entreprises américaines où ces dernières pourront traîner les pays européens et leur imposer leur politique.

Mais Jean-Claude Juncker et Cécilia Maelstrom, la commissaire européenne du commerce, n’ont aucune intention d’arrêter les négociations de TAFTA, malgré l’opposition forte des peuples européens à cet accord et malgré la demande explicite du gouvernement français et du Vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel.

Parce qu’ils sont déterminés à inféoder l’Europe complètement aux Etats-Unis auxquels ils sont dévoués, toute comme tous les autres européistes, dont MM. Juppé, Sarkozy (Sarko l’Américain), et Fillon.

Et une fois l’accord TAFTA signé et ratifié, le processus de la vassalisation de l’Europe envers Washington – entamé en 1957 – sera achévé. L’Europe sera alors complètement “sous le commmandent américain”, comme l’avait prophésié le général de Gaulle.

Parce que c’est exactement ça à quoi a mené la politique de cession de la souveraineté de la France : à l’inféodation de la France, et du reste de l’Europe, aux Etats-Unis.

Parce que, comme d’habitude, le général de Gaulle avait 100% raison : l’Europe supranationale, c’est l’Europe sous la commandement américain.

Les européistes sont tous des atlantistes

Remarquons ici que les prétendus “anti-américains” de la prétendue “droite” française sont, et ont toujours été, des atlanticistes et des américanophiles ardents :

  • Alain Juppé est ancien élève du programme “Young Leaders” de la French-American Foundation, un ami d’Hillary Clinton, et est aligné complètement sur la politique internationale des Etats-Unis, que cela concerne la Russie, la Syrie, la lutte contre le terrorisme, ou quelconque autre matière ; et il était jadis favorable au désarmement nucléaire unilatéral de la France.
  • Nicolas Sarkozy, c’est “Sarko l’Américain”, proche de la famille Bush mais aussi un ami d’Hillary Clinton et admirateur des forces de police américaines ; lors de son quinquennat, il a ramené la France au commandement militaire intégré de l’OTAN et affaibli l’armée française (notamment la force de dissuasion) ; son démi-frère Olivier est d’ailleurs l’un des dirigeants du Groupe Carlyle détenue partiellement, rappelons-le, par la famille Bush ;
  • François Fillon, enfin, était alors Premier ministre de Sarkozy, son soutien le plus fidèle, et soutenait alors enthousiastiquement la politique de “Sarko l’Américain”.

En effet, tous les européistes ont toujours aussi été des atlantistes farouches, lorsque les vraies gaullistes ont toujours été des souverainistes ardents et des critiques de la politique américaine (mais aussi russe).

Parce que, contraire à leurs prétensions, faire le contrepoids à Washington n’a jamais été le but des européistes français. Au contraire, ce qu’ils souhaitent est tout le contraire : dissoudre la France et l’assujettir à Washington ou, franchement, à qui que ce soit. Parce qu’ils ont rénoncé à la France il y a longtemps. Le général de Gaulle les dénonçait ainsi :

« Le tout, pour que les États-Unis puissent mieux gouverner  l’Europe. Dans ce cas, l’Europe disparaît, la France est abolie. Ceux  qui ont renoncé à la France depuis longtemps, cherchent une situation  qui noie la France dans des systèmes politiques où la France  n’existerait pas. 

« C’est pourquoi ils sont ivres de l’ONU, de l’OTAN, de « l’intégration européenne ». (…) Ça leur est égal. Leur instinct est que  la France disparaisse. »

Soulignons ici encore une fois qu’Alain Juppé, en particulier, était jadis favorable au désarmement nucléaire de la France et avait signé un article d’opinion plaidant en ce sens avec des anciens ministres de la gauche. Qui plus est, il s’entoure des gens qui souhaitent que la France cède son siège permament au Conseil de Sécurité de l’ONU.

Rien ne plairait plus aux Américains que le désarmement nucléaire de la France et sa disparition du Conseil de Sécurité de l’ONU !

Ainsi ne devraient-ils plus écouter des discours défavorables à leurs projets et leurs guerres impérialistes qu’ils mènent partout au monde. Ainsi la France serait-elle aussi complètement dépendante de leur protection militaire, comme elle le fut avant 1960.

Les masques tombent

Voilà, les masques des européistes sont tombées. Loin d’être des gaullistes, ils soutiennent la ligne politique directement inverse à celle défendue par le Général. Et loin de souhaiter contrer la superpuissance américaine, ils tâchent, avec leurs collègues de Bruxelles, de dissoudre la France complètement dans l’Union européenne au profit de Washington qui contrôle cette dernière.

Le seul candidat gaulliste dans la primaire des Républicains est M. Jean-Frédéric Poisson.

 

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