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Pourquoi les populistes ont gagné


 

Hier, aux élections européennes, des partis souverainistes (dits péjorativement “populistes” par la plupart des médias) ont gagné le scrutin dans plusieurs grands pays européens : en France, en Italie, en Pologne… et bien sûr au Royaume-Uni où le Brexit Party a humilié les conservateurs autant que les travaillistes.

Beaucoup d’entre vous, mes chers lecteurs, se demandent probablement : Mais comment ? Comment c’est-il possible ? Pourquoi tant d’Européens ont voté pour des populistes comme Marine Le Pen, Viktor Orban, et Matteo Salvini ?

Il faut pas trop simplifier l’affaire. Or, il existe une cause fondamentale de la victoire des partis souverainistes et anti-système. Je l’avais déjà prédite il y a presqu’un an, le 10 juin 2018, devant le Parlement Européen à Strasbourg :

La cause fondamentale peut, en effet, être résumée en un seul mot : la souveraineté.

Les peuples européens, et notamment les Français, n’acceptent pas la dissolution de leurs Etats-nations (auxquels ils sont toujours fort attachés) dans un Etat supranational européen. Ils ne l’accepteront jamais.

Pourquoi ? Eh bien, ce n’est pas par chauvinisme, nationalisme, ni parochialisme. C’est parce que les 28 Etats-membres de l’Union européennne sont tous des démocraties (perfectibles, bien sûr, mais des démocraties), alors que l’UE est profondement anti-démocratique.

Par conséquent, les Européens réfusent qu’on leur confisque leur souveraineté et leur droit d’auto-détermination au nom d’un rêve de batir un Etat fédéral européen gouverné par des commissaires apatrides et irresponsables.

La raison pour laquelle ils votent pour les souverainistes est la même que celle pour laquelle ils se sont battus pendant les deux derniers siècles : le droit des peuples d’auto-détermination. C’est la même cause que celle pour laquelle les Français ont fait la révolution :

Le principe sacro-sanct que tout pouvoir peut provenir seulement du peuple. La cause du gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

 

Mais pourquoi pas ? Pourquoi la démocratie est-elle importante ?

Les peuples européens savent que peut-être ils ne font pas toujours le meilleur choix et n’élisent pas toujours les meilleurs candidats, mais dans une démocratie, de tels erreurs sont rectifiables à l’élection suivante. En revanche, des erreurs commises par des commissaires irresponsables ne peuvent jamais être corrigées tant que ces derniers restent au pouvoir.

C’est simple : si un peuple se gouverne lui-même, il peut bien ou mal choisir, mais s’il se trompe, il peut mieux choisir la prochaine fois. En revanche, si des institutions supranationales décident pour lui, le peuple ne peut rien faire pour rectifier la situation.

Et c’est précisement ce que les Européens réfusent catégoriquement. Ils peuvent voter pour la gauche, la droite, ou le centre, mais ils ne veulent absolument pas être privés de leur droit d’auto-détermination.

Or, les priver de ce droit fondamental et construire un Etat fédéral sur les ruines des Etats-nations est l’objectif central du projet européen et l’a été dès le début.

Les Européens s’en sont rendus compte, et c’est pourquoi ils votent pour les souverainistes. C’est leur façon (parfaitement démocratique) de dire “non ! nous ne sommes pas d’accord ! nous ne vous le permettons pas !” aux dirigeants européistes.

Or, jusqu’ici, les élites européistes ont catégoriquement réfusé d’accepter le verdict populaire. Le président actuel de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a même dit que “il ne peut pas y avoir de choix démocratique contre l’Union européenne.”

Quoi maintenant ?

J’avais prédit, il y a presqu’un an, que les souverainistes allaient continuer à gagner des élections si les élites européistes n’avaient pas écouté. Nous y voilà.

Il est inutile de blâmer la victoire des souverainistes sur le racisme, l’immigration, le chômage… ce n’est que le sommet de l’iceberg.

Les élites européistes (politiques et médiatiques) doivent se rendre enfin compte, et accepter le fait, que leur projet d’un Etat supranational européen n’aboutira pas et l’abandonner. Ils doivent restituer aux peuples européens leur souveraineté et décentraliser profondement l’UE. Cette dernière devrait devenir une simple zone de libre-échange et un forum de coopération volontaire entre Etats-nations.

Si les élites européistes insistent, comme l’a déjà déclaré Emmanuel Macron, à ignorer le verdict populaire et à déposséder les peuples européens de leur souveraineté, nous verrons bientôt la dislocation de l’UE. Et je pèse ici mes mots.

L’économie américaine croît 50% plus vite que celle de l’Union européenne


Depuis presque 30 ans, les élites européistes disent aux Français (et aux autres Européens) que nous avons besoin de fondre nos Etats-nations dans le moule européen pour concurrencer les USA. Seule un Etat fédéral européen, nous disent-ils, est capable de faire contre-poids à Washington.

Laissons, pour un instant, de côté le fait que l’UE est, en réalité, une invention américaine et un outil clé de domination américaine sur l’Europe. Posons-nous la question : l’UE est-elle même capable de concurrencer les USA ?

It’s the economy, stupid! (C’est l’économie, tu connard!)

-Bill Clinton

Les faits avérés démontrent que non. Surtout sur le plan économique. Si l’UE (même avant son élargissement en 2004) avait été un Etat des USA, elle compterait parmi les Etats fédéraux les plus pauvres.

Pire encore, chaque année de ces 10 dernières années, l’économie américaine a enregistré une croissance égale ou (le plus souvent) supérieure à la croissance moyenne de l’Union européenne, et en particulière des économies la zone euro, comme le démontre le graphe ci-dessous (crédit : Szymon Ziemba) :

Sur le graphe ci-dessus, la ligne rouge représente la croissance du PIB de l’UE, et la ligne bleue la croissance du PIB américain. La ligne orange correspond à l’économie chinoise.

La seule des dix dernières années où l’UE a connu une croissance économique plus forte que l’Amérique était 2016… la dernière année de la présidence de Barack Obama.

Le plus récemment, au premier trimestre, l’économie outre-Atlantique a enregistré une croissance encore plus spectaculaire, de l’ordre de 3,2% ! En même temps, le rythme de croissance en Europe, et notamment en France et en Allemagne, a nettement ralenti.

C’est maintenant officiel: l’Europe est la lanterne rouge de la croissance mondiale. Au lieu de rattraper les Etats-Unis, elle est de plus en plus derrière ; l’écart en faveur de Washington continue à se creuser. Pourquoi ?

En examinons ensemble les raisons principales.

 

La fiscalité : trop d’impôt tue l’impôt… ainsi que la croissance et l’emploi

La première cause est évidemment la fiscalité.

Cela ne plaira pas à beaucoup de Français (et d’autres Européens), mais il faut le dire : le libéralisme économique est indiscutablement supérieur à l’Etatisme. Une fiscalité oppressive est très nocive à l’entrepreneuriat et, en fait, à toute activité économique (achats, investissements…). Et donc à la croissance du PIB et à l’emploi.

Alors que la France reste (ex aequo avec la Belgique) la championne de l’OCDE de la fiscalité, et d’autres pays européens augmentent aussi les impôts, Donald Trump et le Congrès précédent (dominé par les Républicains) les ont abaissé outre-Atlantique.

Le résultat est un énorme coup de pouce à l’économie américaine à partir de 2017, avec une croissance de 2,3% en 2017, 2,9% en 2018 et, rappellons-le, 3,2% en premier trimestre de 2019. (En 2016, la dernière année de la présidence d’Obama, elle en était de 1,5% à peine !)

En même temps, la croissance du PIB de l’UE a ralenti de 2,4% en 2017 à 1,9% à peine en 2018. Elle sera probablement encore plus molle en 2019, car l’économie allemande, la plus grande de l’UE, est en récession.

Mais le Président Trump n’a suivi aucune idéologie ou école économique en particulier. Il a tout simplement suivi du bon sens : ce sont les entrepreneurs, le secteur privé, qui créent de la richesse et des emplois par leur travail.

Et la meilleure façon de stimuler tout cela est de laisser aux citoyens individuels le plus possible de leur propre argent. Autrement dit, de ne pas en confisquer trop. Ce que comprend parfaitement Donald Trump, mais que les élites européennes (ainsi que presque tous les souverainistes français) ignorent complètement.

 

Moins d’aides sociales… et donc d’assistanat

Qu’il soit clair : je ne suis pas contre les aides sociales en tant que telles. Mais là, comme avec tout, il faut connaître une modération. Trop d’aides sociales mène inéluctablement aux fraudes et à la création d’une classe entière d’assistanat : de gens qui vivent d’une façon permanente aux dépenses des autres.

Par exemple, parmi les 6 millions de chômeurs en France, il y en a environ 1 million qui pourraient travailler mais ne le font pas… car ils peuvent vivre encore d’allocations-chômage. Ils ne reprennent le travail que lorsqu’ils épuisent ces allocations.

Comme Emmanuel Macron l’a remarqué, les aides sociales en France sont “un pognon de dingue.” Et ces aides sociales très coûteuses entraînent inéluctablement un niveau d’imposition très élevé.

Une majorité des Français (dont les gilets jaunes) réclame moins d’impôts mais toujours plus de protections sociales. Le problème des Français (et pratiquement tous les autres Européens) est qu’ils ne comprènnent pas la réalité inéluctable que vouloir plus d’aides sociales, c’est réclamer d’être imposé davantage!

Comme l’a dit Margaret Thatcher, l’Etat n’a pas de son propre argent. Il n’y a que l’argent des contribuables (donc de nous tous) à sa disposition :

Si les politiciens vous promettent donc de vous donner X euros, cela veut dire qu’ils vous confisqueront d’abord le même montant ou (le plus souvent) encore plus d’argent.

En revanche, aux Etats-Unis, Donald Trump a nettement réduit les aides sociales pour ceux qui ne veuillent pas travailler et continuera à aller dans ce sens.

La sur-réglementation

La liberté économique est un droit fondamental.

Bien entendu, elle ne saurait s’exercer sans certaines limitations. Certaines réglementations sont nécessaires pour protéger notre santé, nos droits comme salariés, notre nourriture, notre environnement, et nos données privées, comme le démontre le scandal de fuite de données chez Facebook.

Or, ce que nous voyons depuis très longtemps en France et en Europe, c’est une sur-réglementation de tout et de tous ; une réglementation de chaque petit détail de chaque aspect de notre vie. L’UE elle-même produit chaque année des dizaines de pages de nouvelles directives, lois, et autres réglementations. A quoi les Etats-membres ajoutent encore leur propre réglementation.

Cela date, malheureusement, depuis longtemps. En 1966, Georges Pompidou, alors Premier ministre, était furieux lorsqu’il a vu la montagne de décrets à signer que lui avait été présentée. Il a exclamé :

« Mais arrêtez donc d’emmerder les Français ! s’emporte-t-il. Il y a trop de lois, trop de textes, trop de règlements dans ce pays ! On en crève ! Laissez-les vivre un peu et vous verrez que tout ira mieux ! Foutez-leur la paix ! Il faut libérer ce pays ! ».

En effet, il faut libérer ce pays. Ces paroles de Pompidou sont encore plus vraies aujourd’hui qu’en 1966. Il suffit juste un exemple : le Code du Travail, qui compte plus de 1000 pages, alors que celui de la Suisse n’en compte que 70.

Emmanuel Macron les a citées l’année dernière, mais, comme d’habitude, il n’en a rien fait, faute de volonté politique.

Et aux Etats-Unis ? Abrogation systèmatique de réglementations inutiles. Le Président Trump a même mis en place une règle d’or : la création d’une nouvelle réglementation fédérale doit automatiquement entraîner la suppréssion de deux autres.

Le résultat ? Les Américains créent de plus en plus de nouvelles technologies, produits, et services : micro-ordinateurs, micro-chips, engins spatiaux réutilisables, voitures électriques, médicaments, drones et autres robots, de l’intelligence artificielle…

Et nous, les Européens ? Nous ne créons que des nouvelles réglementations, directives, lois, agences, administrations, et niveaux de complexité administrative !

Autrement dit, les Américains font des produits et des services innovants, alors que nous, les Européens, ne créons que de la paperasse inutile.

Qui peut donc s’étonner que l’Europe est loin derrière les USA, et maintenant aussi la Chine, en termes de nouvelles technologies ?

 

La politique monétaire

Comme j’ai déjà écrit, et comme bon nombre d’économistes ont déjà constaté, l’euro est une monnaie artificielle, un non-sens économique complètement inadapté aux besoins des économies de la zone euro.

L’objectif de cette monnaie n’a jamais été économique, mais purement politique : préparer la mise en place d’un Etat fédéral européen.

Cela est de plus en plus évident, avec pratiquement toutes les économies de la zone euro en ralentissement, y compris maintenant l’Allemagne. Les économies les plus dynamiques de l’Europe sont celles des pays qui n’appartiennent PAS à la zone euro : la Pologne, la Roumanie, la Suède, le Danemark, la Norvège, la Suisse…

L’euro est un tueur de croissance économique. Toute personne qui le nie est un illettré économique ou un menteur éhonté.

Cela est dû aux deux causes :

  • D’abord et surtout, c’est une monnaie artificielle, imposée à 17 économies différentes, ayant besoin d’une politique monétaire différente.
  • Mais aussi parce que le rémède appliqué par la Banque Centrale Européenne (BCE) depuis 2008 – celle de taux d’intérêt directeurs à 0% – ne peut être qu’un placebo, et pas une solution à long terme. Or, les taux directeurs de la BCE restent à 0%, ou à ses environs, depuis 2008, c’est-à-dire depuis 2019 ! Pire encore, depuis 2008, la BCE ne cesse d’imprimer de l’argent “vide”, dans le cadre de sa politique de “Quantitative Easing”.

Une telle politique a du sens seulement à court terme, comme solution immédiate du type “placebo” au pire moment d’une crise économique profonde (telle que celle de 2008). Elle est complètement dénuée de sens à long terme.

Pour comprendre cela, imaginez-vous que vous allez manger des bonbons (ou du chocolat). A court terme, ça plait, c’est délicieux… mais à long terme, ça nuit à vos dents.

Et outre-Atlantique ?

Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche et de Jerome Powell à la tête de la Federal Reserve, les taux directeurs de la Fed ont été relevés, le “Quantitative Easing” a été terminée, et un septième de l’argent “vide” imprimé pendant la présidence Obama a été retiré de la circulation. Le dollar s’est ainsi nettement renforcé contre l’euro.

Le chef de la Fed, M. Powell, voudrait relever encore plus les taux directeurs, mais Trump l’a découragé, pour l’instant, de le faire. Les taux directeurs actuels, entre 2% et 2,5%, sont déjà assez élevés.

Et OUI, c’est BON pour l’économie américaine ! Pourquoi ? Car cela attire beaucoup d’investisseurs.

Réfléchissez-vous vous-même : ou vaut-il mieux d’investir ? Là où les taux d’intérêt sont de 0% (alors que l’inflation est à 2,3%), les réglementations restreignent votre liberté, et le fisc va, en tout cas, confisquer la plupart de vos revenus ?

Ou dans un pays où les impôts ont été durablement abaissés, vous jouissez d’une liberté économique assez large, et les taux d’intérêt sont de 2%-2,5% ?

Quel investissement serait plus rentable, selon vous ?

Conclusions

Comme l’a dit en 1987, à Berlin, le Président américain d’alors, Ronald Reagan : “freedom is the victor” (“la liberté est le vainqueur.”) Un système économique libéral l’emportera toujours sur tout système dirigiste.

Et cela pour une raison simple : aucun groupe de politiciens, de fonctionnaires ou de commissaires n’est compétent pour gérer une économie entière, encore moins 28 économies complètement différentes !

Il est clair que les élites européistes, obsédés par la centralisation du pouvoir à Bruxelles et par la réglementation de tout, ont fait de l’Europe (et surtout de la zone euro) la lanterne rouge de la croissance mondiale. Il n’y a pratiquement aucune chance que l’UE puisse maintenant rattraper les Etats-Unis…

… au moins que cette première soit radicalement décentralisée et les économies de ses pays membres soient profondement libéralisées.

Il incombe donc aux Européens de voter, à chaque élection, pour des politiciens qui le feront et qui comprennent les vraies causes de la stagnation économique de l’Europe.

Macron et la relation franco-allemande : la réalite l’emporte sur les fantaisies


Depuis les années 1960, les médias et les partis européistes ne cessent de nous répeter, malgré les faits avérés, que la France est en “couple” avec l’Allemagne. Par conséquent, disent-ils, Paris devrait absolument toujours s’accorder avec Berlin, sinon, la construction européenne ne fonctionnera plus et le ciel s’effondrera!

Cette notion d’un “couple franco-allemand” a toujours été un mythe, et cela, un mythe exclusivement franco-français. Car nos voisins d’outre-Rhin ne se sont jamais crus être en un “couple” quelconque avec la France. Leur alliance la plus importante a toujours été, et reste, celle avec les Etats-Unis. Et cela malgré quelques désaccords occasionnels, comme sur l’Irak en 2003.

L’alignement aveugle de Paris sur Berlin

Néanmoins, nos élites européistes continuent à y croire. En septembre 2017, Le Point avait publié une édition parlant, sur la couverture, d’une “Françallemagne” supposée.

Aujourd’hui, il devrait être clair à tous que le soi-disant “couple franco-allemand” n’existe pas et que cette couverture du Point en septembre 2017 était une crétinerie.

Juste il y a 3 mois, Emmanuel Macron avait signé un nouveau traité (d’Aix-la-Chapelle) alignant des élements importants de la politique de la France sur l’avis de Berlin, notamment en matière d’exportation d’arméments. Il avait proposé à donner au gouvernement allemand le droit de co-décider sur l’emploi de l’arme nucléaire française. Il avait déclaré que le prétendu “couple” franco-allemand soit de plus en plus proche…

Or, il y a récemment eu un changement important : la triste vérité sur les relations Paris-Berlin l’a finalement rattrapé.

La déception profonde d’Emmanuel Macron

Malgré son attitude clairement pro-allemande et ses concessions, il n’a rien obtenu en retour de Berlin. Les Allemands ont catégoriquement rejeté les points clés de son projet européen :

  • la mutualisation des dettes ;
  • la création d’un budget et d’un parlement séparés pour la zone euro ;
  • l’organisation d’une coopération réelle et substantive des pays européens en matière de la défense (Europe de la Défense) ;
  • la taxation des géants américains du numérique…

Qui plus est, les Allemands ont récemment posé une demande complètement inacceptable pour tout gouvernement français : que la France cède son siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU à l’UE. Ce qui permettrait à l’Allemagne de gagner par le biais de l’UE ce que Berlin ne pourra jamais obtenir seule.

Le coup final, néanmoins, était l’insistence de l’Allemagne pour octroyer un nouveau délai supplémentaire, et très long, à la Grande-Bretagne avant le Brexit. Ceci est nécessaire vu l’incapacité totale des politiciens britanniques de décider quand et comment (sur quelles conditions) sortir de l’UE.

Emmanuel Macron y est opposé. Et pour cause : vu tous les autres défis auxquels l’UE doit faire face (la crise de réfugiés, le changement climatique, l’agression russe, le défi posé par Donald Trump…), l’Europe ne peut pas se permettre de prolonger les interminables discussions sur le Brexit. C’est aux Britanniques de balayer la pagaille qu’ils ont eux-mêmes créée, raisonne-t-il.

Or, les Allemands ont insisté sur un nouveau délai très long à accorder à Londres.

Pire encore, Berlin a poussé (avec succès) pour l’ouverture des négociations avec les Etats-Unis d’un accord de libre-échange (le Transatlantic Trade and Investment Partnership), replacement de la TAFTA. Ce qui aura, pour effet, d’ouvrir le marché commun européen à la concurrence totalement déloyale des Etats-Unis.

(Rappellons qu’outre-Atlantique, les droits sociaux fondamentaux, tels que les soins médicaux pour tous, l’éducation gratuite pour tous, 5 semaines de congés payés, les congés-maternité, la protection environnementale, les limitations d’émissions de CO2, etc., n’existent pas du tout.

Signer un accord de libre-échange avec Washington, c’est donc ouvrir le marché européen au dumping social, salarial, et environnemental éhonté des USA. Autrement dit, voter pour la destruction totale de l’industrie européenne. Ce qui prouve, encore une fois, que l’Union européenne est un outil de vassalisation de l’Europe envers les Etats-Unis.)

Aujourd’hui, il est clair : la notion que l’UE puisse “faire contre-poids” aux USA est un mensonge éhonté. L’UE est, un fait, un outil clé de la vassalisation de l’Europe par les USA. Ci-dessus : une affiche référendale du PS avant le référendum sur le Traité de Maastricht le 20 septembre 1992.

Berlin soutient cette politique pour une raison simple : il ne veut pas voir Trump taxer ses exportations de voiture aux Etats-Unis. Mais pour justifier sa position, il se présente comme défenseur de l’intérêt supposé de l’Europe entière… et accuse la France d’y nuire. Il présente la France comme une obstructrice nuisant à l’intérêt commun de tous les Européens mais isolée en Europe.

(On disait d’ailleurs exactement la même chose au sujet de la France gaullienne.)

Le corpus diplomatique français est donc exaspéré, et, selon Libération, Emmanuel Macron “semble avoir fait son deuil de la relation franco-allemande après y avoir longtemps cru.” Ce journal de gauche, quoique pro-européen, admet que :

La fiction du «couple» franco-allemand a volé en éclats lors du sommet spécial Brexit, mercredi et jeudi. S’il y a souvent eu de profonds désaccords entre les deux rives du Rhin, c’est la première fois qu’Angela Merkel l’a affiché publiquement et sans précautions diplomatiques excessives.

C’est la première fois qu’un journal national français considéré appartenir au mainstream médiatique fait une telle constatation publiquement.

Macron ressent maintenant la douleur du Général de Gaulle

Comme j’ai déjà écrit plusieurs fois, Macron n’est guère le premier Président français ayant essayé de nouer une alliance très proche avec l’Allemagne. Le Général de Gaulle avait déjà essayé de faire le même en 1962-1963.

A cette époque-là, l’Homme du 18 juin recherchait en Europe des partenaires pour contrer l’hégémonie américaine. Les pays de Benelux et l’Italie étant toujours fidèles à Washington, le chef de l’Etat français a donc mis tous ses espoirs en l’Allemagne occidentale (1), avec laquelle il a négocié et signé le fameux Traité de l’Elysée le 22 janvier 1963.

Le but de cet accord était de séparer l’Allemagne occidentale de son protecteur américain et de créer avec elle “l’embryo d’une Europe indépendante” des Etats-Unis. Tel était l’objectif fixé par le Général.

Hélàs, les Allemands lui ont fait une infidélité incroyable. Comment ? En réintroduisant, à leur résolution de ratification du Traité, TOUS les éléments d’assujettissement envers Washington que le Général avait opiniâtrement exclus du texte originel :

  • “une étroite association entre l’Europe et les Etats-Unis” ;
  • “la défense commune dans le cadre de l’OTAN” ;
  • l’admission de la Grande-Bretagne (considérée comme le Cheval de Troie des Américains) dans la construction européenne ;
  • l’ouverture du marché commun européen aux importations américaines (et autres) dans le cadre de l’accord d’échange libre appellé GATT. (2)

Le texte intégral de ce soi-disant “préambule interprétatif” allemand au Traité de l’Elysée peut être consulté ici. Il faut savoir qu’en droit international, ce préambule fait partie intégrante du Traité en version allemande.

La déception du Général de Gaulle suite à ce coup bas des Allemands était profonde et douleureuse. Voilà que son rêve d’une Europe indépendante des Etats-Unis (et menée par la France) volait en éclats !

Emmanuel Macron vient d’éprouver une déception similaire.

Conclusion : finissons-en avec la fiction du “couple franco-allemand”

La réalite finit toujours par l’emporter sur les rêves, les fantasies et les mythes. Emmanuel Macron vient de l’éprouver lui-même.

Il doit maintenant abandonner la fiction du “couple franco-allemand” et celle de “l’Europe comme contre-poids aux Etats-Unis” et récalibrer sa politique étrangère sur la dure réalité. Car la vérité, aussi douleureuse qu’elle soit, est toujours préférable aux mensonges.

Il importe également à toute la classe politique française, et surtout les européistes, d’abandonner ces mythes et d’accepter le monde tel qu’il est, pas tel qu’elle souhaite qu’il soit.

 

Nouveau livre : “Sortirons-nous de l’Histoire ?” par Jacques Julliard


Un nouveau livre sur la politique actuelle de la France est sorti récemment chez Flammarion : “Sortirons-nous de l’Histoire ?” par Jacques Julliard. L’auteur est inquieté par le fait que les Français ont les yeux trop figés sur le passé et trop peur de l’avenir.

Et cet avenir, l’auteur veut nous faire croire, “est indissociablement lié à celui de l’Europe”, par laquelle l’auteur veut évidemment dire l’Union européenne. Il déplore en même temps le fait que cette dernière peine à former un avis commun, et plus encore une politique commune, face aux évènements mondiaux.

Là, il s’agit d’un mensonge très souvent répété par les européistes : que la France seule est trop petite et trop faible pour peser sur la scène mondiale.

Son avenir, nous disons sans cesse les européistes, est de fondre la France dans un moule européen. Autrement dit, céder complètement la souveraineté aux bureaucrates non-élus et irresponsables à Bruxelles. Nous sommes censés les laisser gérer la politique interne et etrangère de la France et de tous les autres pays européens. Seulement de cette façon, disent les européistes (dont M. Julliard), l’Europe pourra faire face à l’hégémonie américaine.

Pourquoi est-ce une mauvaise idée ?

Vous vous êtes probablement posés la question, mes chers Lecteurs : et pourquoi bigre c’est une mauvaise idée ? L’Europe ne serait-elle plus forte et plus influente si elle parlait d’une seule voix ?

La réponse est, hélàs, non, contrairement à ce qu’on puisse penser.

Comme j’ai déjà démontré plusieurs fois sur ce blog, et comme le Général de Gaulle nous avait avertis en 1962, l’Union européenne est, en fait, une construction américaine qui sert (et a pour effet) d’inféoder l’Europe aux Etats- Unis. C’est donc le but et l’effet TOTALEMENT inverses à ce que déclarent les européistes.

Depuis au moins 1992, on ment aux Français que l’Europe peut “faire le contre-poids” aux Américains et les Asiatiques (à l’époque les Japonais). Il s’agit de la plus grosse arnaque jamais commise contre le peuple français. Ici, une affiche du Parti socialiste véhiculant ce mensonge en 1992.
  • C’est l’Union européenne qui a transfert nos données privées aux Etats-Unis au nom de “lutte contre le terrorisme.”
  • C’est l’Union européenne qui applique, sans discussion, les sanctions édictées par Washington contre tout pays qui n’obéit pas aux diktats de la Maison Blanche (Russie, Iran, Cuba…), et cela au grand détriment de l’économie française. C’est aussi Bruxelles qui nous entraîne dans la politique étrangère aggressive de Washington contre ces pays et beaucoup d’autres et qui risque maintenant de nous traîner dans une guerre non-voulue contre la Russie.
  • C’est l’Union européenne qui tolère l’optimisation fiscale (pour ne pas dire l’évasion fiscale) de la part des géants du numérique américains. Le Président actuel de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait d’ailleurs octroyé d’énormes privilégiés fiscaux aux entreprises multinationales américaines lorsqu’il était Premier ministre du Luxembourg.
  • C’est l’Union européenne qui a ouvert le marché commun européen à la concurrence totalement déloyale des Américains et des Canadiens, d’abord par la porte arrière (via l’accord CETA), et qui s’apprête maintenant à faire cela via l’accord TAFTA, tous les deux négociés dans un secret absolu et signés contre la volonté d’une grande majorité des Européens.
  • C’est l’Union européenne qui veut maintenant nous déposséder de nos armées nationales et les fondre dans une “armée européenne”, tout “en coopération étroite avec” (donc subordination envers) l’OTAN et donc les Etats-Unis.

L’idée que l’UE puisse faire le contre-poids aux USA (alors qu’elle en est en réalité un outil) est la plus grosse arnaque jamais commise contre les Français.

Général de Gaulle, atlantiste ?

Mais les mensonges éhontés de M. Julliard ne s’arrêtent là. Sur les pages 62-63, il affirme que le Général de Gaulle était un atlantiste et l’allié le plus fidèle de Washington.

Là, non seulement M. Julliard ment, il insulte la mémoire du Général. Car l’Homme du 18 juin était, un réalite, un souverainiste ardent et un critique farouche de la politique des Etats-Unis.

Il est vrai qu’au début de son premier mandat, surtout pendant les années 1960-1962, il soutenait Washington sur la question de Berlin et des missiles soviétiques à Cuba. Mais il en était de même de tous les alliés des Etats-Unis :

  • Il avait conseillé au Président Eisenhower de ne pas s’excuser à Khrouchtchyov (Khruchtchev) pour les vols d’avions d’espionage américains U-2 au dessus de l’URSS lorsq’un tel avion avait été abbattu par les Soviétiques. Pourquoi ? Car Moscou aurait annulé le sommet de Paris (1960) en tout cas ; les survols de son territoire par les U-2 américains n’étaient qu’un prétexte, et le GDG le savait.
  • En 1961, à Berlin, c’était non seulement la crédibilité des Américains, mais de tous les alliés occidentaux, dont la France, qui était en question. D’ailleurs, dans ce cas-là, le GDG cherchait à montrer la fermété de la France à l’égard des Soviétiques aux yeux des Allemands occidentaux, et notamment du chancelier Adenauer (alors que Kennedy avait tacitement accepté la construction du Mur de Berlin par les Soviétiques). Son raisonnement était le suivant : “Si je montre la fermété de la France, alors que Kennedy s’est revelé faible, l’Allemagne occidentale va préférer la France, et non les USA, comme son protecteur de choix.”
  • Enfin, en 1962, le GDG ne pouvait pas manquer de soutenir les Américains lorsque les Russes avaient déployé, à Cuba, des missiles ciblés sur l’Amérique elle-même.

D’ailleurs, n’oublions pas que jusqu’en avril 1962, le Général avait pour préoccupation première de mettre fin à la Guerre d’Algérie. Rien n’était plus important que cela. Cette guerre (attissée en sous-main par les Américains) dressait les Français les uns contre les autres et menaçait de dégringoler en une guerre civile en France.

Mais globalement, l’Homme du 18 juin était un souveraniste ardent et un critique farouche de la politique de Washington, comme en témoignent notamment :

  • Son discours du 15 mai 1962, lors duquel il nous avait averti que l’UE était une arnaque ayant pour but d’asservir la France et l’Europe aux Etats-Unis (le fameux “fédérateur non-européen”) ;
  • Sa détérmination de bâtir, coûte que coûte, une force de dissuasion nucléaire indépendante des USA ;
  • Sa reconnaissance de la République populaire de Chine en janvier 1964, il y a 55 ans, malgré la colère et la condamnation non seulement des USA mais de l’ensemble des Occidentaux.
  • Sa politique de détente et de coopération avec l’URSS de Brejnev.
  • Son grand tour triomphal en Amérique latine en 1964.
  • La célèbre  conférence de presse de début 1965 concernant l’hégémonie du dollar et la vente massive de réserves de dévises en dollars françaises contre l’or.
  • Le retrait de la France du commandement militaire intégré de l’OTAN en 1966.
  • Le fameux discours “Vive le Québec libre !” en juillet 1967, un véritable camouflet administré aux Américains dans leur propre arrière-cour.

En j’en passe.

Conclusions

A vrai dire, M. Julliard n’apporte rien de nouveau au débat sur l’avenir de la France et de l’Europe. Il ne fait que répéter les mensonges standard des européistes.

Malheureusement, ce dernier camp ne cesse de répéter les mêmes mythes depuis plusieurs années (voire depuis la signature du traité de Maastricht en 1992).

Il reste à nous, les défenseurs de la souveraineté de la France, de combattre ces mythes et d’informer le public français.

Philippe de Villiers : Complotiste ou pas ?


Dans une époque du mensonge généralisé, dire la vérite sera un acte révolutionnaire. – George Orwell

L’ancien eurodéputé souverainiste Philippe de Villiers, frère du général Pierre de Villiers, vient de publier son nouveau livre : J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu (Fayard, 2019, 416 pages).

Le thème central du livre est le fait que l’Union européenne est, en fait, une construction américaine dont le but est la vassalisation des pays européens envers Washington. Tout le contraire de l’objectif proféré par les élites européistes, qui prétendent vouloir contrer la superpuissance américaine.

Pour inféoder l’Europe (initialement occidentale, car le projet a été mis en place au début de la Guerre froide), les Américains se sont appuyés sur des vassaux fidèles, tels Jean Monnet, Robert Schuman, Walter Hallstein, et Paul-Henri Spaak.

Les élites politiques et médiatiques européistes, dont au premier rang la soi-disante presse (Le Monde, Le Point…), ont réagi furieusement à ce livre. Ils accusent son auteur (et toute autre personne osant faire procès d’alignement sur les USA aux “pères fondateurs de l’Europe”) de “complotisme” et d'”europhobie”.

(Evidemment, dans le langage orwellien de nos élites europhiles, toute critique de l’UE et toute accusation à son égard qu’elle est inféodée aux USA rélève d’europhobie et de complotisme… Tout comme, pour le lobby israëlien aux USA, tout critique du comportement d’Israël est antisémite. C’est exactement le même raisonnement et langage orwellien.)

Qu’en est-il en réalité ? M. de Villiers est-il complotiste ? Ou ose-t-il dire tout simplement une vérité pénible pour les élites européistes que ces dernières voudraient cacher à tout prix ? Lisez cet article et vous connaîtrez la réponse.

 

La construction europénne : outil de vassalisation par les Américains ?

Commençons avec la question centrale : le projet européen a-t-il pour but de contrer la superpuissance des USA ? Ou au contraire nous leur inféoder ?

Pour y connaître la réponse, il suffit, en fait, de regarder les faits publiquement connus. Quelle a été la vraie politique de nos élites européistes ?

Eh bien, force est de constater que, depuis les années 1950, voire 1940, elles sont alignées sur les Etats-Unis comme des vassaux.

Et la preuve est au rendez-vous :

  • Le suivi des USA dans leurs guerres dangereuses et illégales ;
  • L’application des sanctions également illégales (et fort nuisibles à nos propres intérêts économiques et diplomatiques) à l’égard de tout régime qui ne plaît pas aux Etats-Unis (p.e. la Russie, l’Iran, le Cuba, et le régime de Bachar el-Assad, avec lesquels ils nous est interdit d’avoir des relations normales car Washington les considère comme ses ennemis) ;
  • Le suivi aveugle de la politique stupide des Etats-Unis en Syrie, par le soutien aux groupes islamiques salafistes liés à l’Etat Islamique (Daech) ;
  • Le transfert de nos données personnelles, privées et intimes, aux agences de renseignement américaines ;
  • La subordination des armées européennes (y compris maintenant l’armée française, depuis 2009), et de l’UE politiquement, à l’OTAN ;
  • Le réfus des pays européens autres que la France de construire une identité ou une architecture de défense européenne indépendante des USA et de l’OTAN ;
  • La spoliation du tissu industriel européen (p.e. des turbines d’Alstom) aux Américains, avec le plein aval d’Emmanuel Macron, mettant ainsi en péril la force de dissuasion nucléaire française ;
  • La tolerance par presque tous les pays européens (sauf la France et l’Espagne) et par la Commission européenne de l’optimisation fiscale par les géants du numérique européen (qui, à leur tour, soutiennent ardemment le projet européen et des partis européistes, surtout LREM de Macron) ;
  • Le fait que le Président actuel de la Commission européenne est un larbin fidèle desdits géants américains du numérique qui a fait de son pays (le Luxembourg) un paradis fiscal pour eux rivalisant les Iles Vierges et le Paname ;
  • L’ouverture à la concurrence totalement déloyale des USA, déjà accomplie par la porte arrière via l’accord CETA avec le Canada, et qui sera bientôt pleinement achevée dès que la commissaire irresponsable et non-élue Cécilia Mälmström signe l’accord TAFTA avec les Américains.

Bref, sur le plan politique, diplomatique, économique, sécuritaire, et militaire, la construction europénne nous subordonne aux Etats-Unis. Ceci est un fait indiscutable.

Le Général de Gaulle nous en avait averti… en 1962 !

Or, PDV n’est guère le premier a avoir dit ça. Le premier, en fait, était… le Général de Gaulle.

Déjà il y a plus de 56 ans, lors de sa conférence de presse du 15 mai 1962, il nous en avait averti, en disant que le projet européen était contrôlé par un “fédérateur non-européen”, lequel ne pouvait être que Washington :

Transcription :

Il est vrai que dans cette « Europe intégrée » comme on dit, ben il n’y aurait peut-être pas de politique du tout. Ça simplifierait beaucoup les choses. Et puis, en effet, dès lors qu’il n’y aurait pas de France, pas d’Europe qui auraient une politique, faute qu’on puisse en imposer une à chacun des six États, on s’abstiendrait d’en faire.

Mais alors, peut-être, tout ce monde se mettrait-il à la suite de quelqu’un du dehors, et qui – lui – en aurait une.

Il y aurait peut-être un fédérateur, mais il ne serait pas européen. Et ça ne serait pas « l’Europe intégrée », ce serait tout autre chose, de beaucoup plus large et de beaucoup plus étendu, avec je le répète un fédérateur.

Les ministres européistes (issus du parti de Robert Schuman) de l’époque étaient d’ailleurs aussi furieux de voir leur visage caché exposé au grand public qu’ils ont claqué la porte du gouvernement le même soir… laissant le Général de Gaulle sans majorité à l’Assemblée Nationale.

En privé, le même Général de Gaulle a dit, sans fioritures, à son ministre Alain Peyrefitte ouvertement :

« Vous savez ce que ça veut dire, la supranationalité ? La domination des Américains. L’Europe supranationale, c’est l’Europe sous commandement américain. »

Source : Alain Peyrefitte, “C’était de Gaulle”, Editions de Fallois, Fayard, 1997, tome 2, p. 217.

Le Général de Gaulle était-il complotiste ?

Le Général de Gaulle lors de sa conférence de presse le 15 mai 1962. Source de la photo : INA.

Pères fondateurs de l’Europe ou vassaux de Washington ?

Ce qui est moins connu, c’est que les soi-disants “pères fondateurs de l’Europe” étaient des larbins fidèles de Washington. Ce qui est le sujet central de l’ouvrage de Philippe de Villiers… qui en a fait cependant des exaggérations en les liant à la CIA et aux Bilderbergs.

Mais le fait reste : les sacro-sancts “pères fondateurs” de l’Europe étaient des serviteurs obéissants des Etats-Unis. Tout comme les élites européistes d’aujourd’hui.

Jean Monnet était un serviteur fidèle des USA depuis déjà la Seconde Guerre Mondiale. C’était d’ailleurs celui qui (sur les ordres de Washington) avait fait capoter le projet gaullien d’une Europe vraiment indépendante.

Comment ? En pilotant le Bundestag à adopter un “préambule interprétatif” au fameux Traité de l’Elysée qui a, en réalité, complètement vidé ce dernier de sens : alignement sur les USA, subordonnation militaire à Washington via l’OTAN, admission de la GB dans les Communautés Européennes, et l’ouverture du Marché Commun aux USA via le GATT.

(Rappel : le Général de Gaulle avait essayé, en 1961 et en 1962, de transformer la Communauté Européenne en une alliance d’Etats souverains qui seraient indépendants à la fois de Washington et de Moscou. Donc couper les liens de subordination que les partenaires européens de la France avait avec les USA.

Face au réfus obstiné de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Italie, le GDG avait ensuite essayé de le faire avec la seule Allemagne occidentale. Il espérait que celle-ci et la France pourraient “être l’embryo d’une Europe indépendante”. C’est pourquoi il a négocié et signé, avec le chancelier Adenauer, le fameux Traité de l’Elysée, dont le but était de séparer l’Allemagne occidentale de son protecteur américain. Ci-dessous : photo de la dernière page du traité avec signatures et sceaux, source de photo : Union Populaire Républicaine.)

Hélàs, ce projet a été sabordé en juin 1963 par Jean Monnet, sur les ordres de Washington. Comment ? Monnet avait rédigé et passé au Bundestag allemand un “préambule interprétatif” qui a réintroduit tous les éléments d’assujettissement aux Etats-Unis précédemment écartés du texte du traité par le GDG : la subordination à l’OTAN, l’admission de la GB aux Communautés européennes, etc.)

Monnet n’a jamais même caché sa joie d’avoir ainsi sapé le projet gaullien d’une Europe indépendante des USA… dont a écrit notamment un historien sérieux, Maurice Vaïsse, dans “Grandeur : la politique étrangère du Général de Gaulle”.

Robert Schuman avait aussi aveuglement suivi la politique de Washington, tout comme Walter Hallstein, l’un des serviteurs les plus fidèles des USA au gouvernement ouest-allemand.

Il en est de même des élites européistes d’aujourd’hui. Ils sont tous des larbins fidèles de Washington, tout en prétendant hypocritiquement de vouloir contrer sa puissance. Et le vassal numéro un en France aujourd’hui est nul autre qu’Emmanuel Macron, celui qui a autorisé la vente des turbines d’Alstom à General Electric, mettant ainsi en péril la force de dissuasion nucléaire française.

D’ailleurs, saviez-vous que Macron, Alain Juppé, François Hollande, et Sylvie Goulard sont tous des anciens élèves de la “French-American Foundation”, une organisation qui forme les vassaux contémporaines de Washington en France aujourd’hui ?

La réponse contradictoire des médias européistes

Furieux de voir le visage caché des sacro-sancts “pères fondateurs” de l’Europe révélé au grand public, les médias se sont véhemment attaqués à Philippe de Villiers et son livre. Ils l’accusent du pire : du complotisme, de nationalisme, de xénophobie, d’anti-américanisme primaire, etc.

Ils nient que les “pères fondateurs de l’Europe” aient été des agents de Washington. Avec des “chercheurs” universitaires toujours prêts à les soutenir.

Mais en même temps, ils se contre-disent eux-mêmes : ils commencent à admettre que oui, les “pères fondateurs”, notamment Monnet, Schuman, et Hallstein, étaient “très proches” des Américains… et que Monnet était même un “trait d’union” entre Washington, Bruxelles, et le gouvernement français…

La vraie raison pour la colère de M. Mahler et du reste des élites politico-médiatiques européistes est simple : car PDV est encore un autre personnage qui ose révéler le vrai visage ultra-atlantiste des mêmes élites européistes.

Et cela fait complètement démentir le plus grand mythe sur l’UE : qu’elle puisse faire contre-poids aux USA. Un mythe que ces mêmes élites essayent de martèler depuis très longtemps.

Mais comment l’UE est-elle censée faire contre-poids au Washington alors qu’elle en est elle-même une création, et lorsque les élites européistes se mettent aux bottes des Américains depuis les années 1940 ?

Les erreurs de PDV

Là où Philippe de Villiers a commis une erreur, à mon avis, c’était d’affirmer que les personnages ciblés avaient été des agents de la CIA et des Bilderbergs. Ce qui n’est ni prouvable ni pertinent.

En fait, de telles accusations exagérées font un double dommage à la cause souverainiste. Elles permettent à nos adversaires euro-atlantistes de :

  • Nous taxer plus facilement de complotisme ; et en même temps
  • Détourner la discussion du sujet central (l’alignement de l’UE et de ses élites sur Washington), et donc éviter d’avoir à discuter sur ce sujet.

Peut-être que M. de Villiers avait pensé qu’il pourrait plus facilement appeler aux cerveaux reptiliens des Français en faisant des affirmations exagérées et outrancières. C’était une erreur.

La bataille pour rétablir la souveraineté de la France ne peut être gagnée que sur le terrain du sujet central : la vassalisation de l’Europe à l’égard de Washington, avec toutes les conséquences désastreuses qui en découlent.

Car cela est facilement prouvable avec des sources disponibles en ligne. Et c’est le sujet que les élites européistes veulent éviter à tout prix.

MISE A JOUR A 14H00 : Et voilà ! Le dernier clou dans le cercueil du mythe “l’UE, c’est un formidable contre-poids contre les Etats-Unis et leurs géants du numérique” a été enfoncé.

 
L’UE a définitivement mis la croix sur l’idée d’une taxe sur les GAFAM. Mais que peut-on attendre quand le président de la Commission Européenne est un ancien Premier ministre d’un paradis fiscal pour les GAFAM (le Luxembourg) ?

The 5 Biggest Winners and Losers of Geopolitics in 2018


Hello and Happy New Year, Dear Readers! To begin the year 2019, let’s briefly review 2018 to see which countries and national leaders rose in power and influence, and who declined. Let’s start with the 5 biggest geopolitical winners of 2018:

This photo wonderfully shows Donald Trump’s overwhelming power vis-à-vis the rest of the world, especially his gutless, ball-less G7 colleagues totally incapable of convincing him of anything. Photo credit : Union populaire républicaine (www.upr.fr).
  1. U.S. President Donald Trump: While his tax cuts have spawned great prosperity at home (3% annual economic growth and unemployment at barely 4%, a record low since the 1990s), Trump has continued to impose his will abroad. Whatever we may think of his decisions – good or bad – the fact is that he continues to impose his policies on partners and other parties that are left stunned, speechless, and unable to respond. He has abrogated the Paris Climate Protection Agreement, the nuclear deal with Iran, and threatened to withdraw the US from the INF Treaty. He has declared a tariff war against much of the world. And what has the world’s reaction been ? Outside China, and Russia, nothing but powerless protests and meaningless declarations. Only China and Russia have had the courage and the power to resist the 800-pound gorrilla in the room, Donald Trump.
  2. Russia and its President Vladimir Putin have made a remarkable comeback on the world stage – in Russia’s usual, bombastic style. Buoyed by rising oil and gas prices, Russia announced advanced operational testing of several powerful strategic weapon types last year. These included a rail-mobile ICBM, a new nuclear-capable cruise missile, an underwater drone carrying a 100-megaton (!) nuclear bomb, and most importantly, the RS-28  Sarmat : an ICBM capable of striking the Continental US with up to 24 warheads AND doing so from the South, thus completely evading American early warning systems, which can only look towards the North. Also, as the Shanghai Cooperation Organisation’s 2018 meeting has shown, Russia is anything but isolated on the world scene: 

     

    The leaders of SCO member countries, notably India, Russia, and China, meeting in Qingdao in June 2018. These countries collectively represent about 40% of the world’s population (whereas G7 only represents 10%). Photo source: Union populaire républicaine (www.upr.fr).

  3. North Korea and its leader Kim Jong-un : While Donald Trump has forced him to stop his missile and nuclear tests and to pursue a policy of denuclearization, it remains to be seen whether Kim will actually make good on his promises. And by meeting one-on-one with Trump, Kim has finally gained the international stature he has sought.
  4. Vietnam, Bangladesh, India, and Thailand : These countries are now the destination for low-cost off-shore manufacturing of simple products by companies seeking cheap labor. China no longer is (nor does it want to be) the world’s sweatshop – it is transitioning towards a high-tech, high added value economy and its population wants to have ever-greater income and living standards.
  5. Huge multinational corporations such as Google, Apple, Facebook, and Amazon: They continue to rake ever-increasing profits while stashing them offshore in tax heavens such as Panama or the UK/US Virgin Islands. The industrialized world, including the US and Europe, has so far been powerless to face these huge tax-evading multinationals to pay their fair share.

And here are the 5 biggest losers of last year’s geopolitics:

  1. Voices for common sense, reason, and sanity in the Trump Administration : their ranks include ex-Secretary of State Rex Tillerson, ex-National Security Advisor H. R. McMaster, and ex-Defense Secretary James Mattis. Trump has personally evicted them, one after another, and replaced them with yes-boys who are ideological hardliners like himself: Mike Pompeo and John Bolton. It remains to be seen whom Trump will nominate to succeed General Mattis, but the odds are against a common-sense candidate. In my opinion, these men have demeaned themselves by serving under Trump, and although they’ve been steadfastly loyal, Trump has unceremoniously kicked them all out.
  2. The European Union and its unelected Commissars in Brussels: As usual, it has been impotent and unable to respond to major world events, Trump’s offensives, or even to secure its own borders and maintain general order at home. It is being torn apart due to fundamental differences in views about what the EU should be, between the unelected commissars at the top on the one hand and, on the other hand, European peoples and governments who respond to their will.
  3. France: This is my home country, so writing critically about it is hard for me, but I must do it nonetheless. Throughout the first six months of 2018, it was actually on the right track, with President Macron successfully pushing several toxic reforms through, notably scrapping the national rail operator’s passenger service monopoly and reforming the universities – two formerly sacred cows in France. But then, for a reason known only to himself, Macron decided to become another Euro-socialist and to try solve the world’s problems through classic European tax-and-spend policies, notably hiking the gasoline tax. The result? A violent protest movement (the Yellow Vests) that continues to ravage France to this day.
  4. The UK: With each passing day, with more and more companies leaving (or announcing plans to leave) the UK, it is becoming clear that Brexit is a huge self-inflicted wound; the only ‘Brexit uncertainty’ is just how big it will be. While I’m Eurosceptic and have often been critical of the EU (as I should be), Brexit will not solve any problems; it will only weaken Britain as well as those of us inside the EU who seek to turn it into a decentralized community of sovereign nations. The prospect of a chaotic no-deal Brexit
  5. All those seeking a cleaner, safer, more just and more orderly world based on widely-accepted rules: Unfortunately, these days, it’s “every man for himself”. It’s the era of national egoisms and parochial thinking. Countries such as the US, Russia, the UK, and others seek only to pursue their own national interests at the expense of everyone else. This is foolish thinking, based on the premise that the cake is limited and everyone must carve out the biggest possible part for themselves, at the expense of everyone else.

This is why we have seen crucial agreements on climate change and Iran’s nuclear program unravel, while on other pressing issues (notably tax avoidance by multinational corporations) the world’s leaders have been totally unable to agree on anything.

What of the other 800-pound gorrilla in the room – China ?

 

Finally, we must ask ourselves what happened to the other superpower – China ?

On the one hand, China has suffered from the tariff war that the arrogant Trump Administration has imposed on the rest of the world. The Chinese economy’s growth has slowed down (to just above 6% in 2018), as has inflation. If only a trade deal could be reached with Washington, the Chinese economy would probably keep growing at near-10% annual rates.

Also, China, like the US, is exposed to a credit bubble due to increasing state, provincial, corporate, and individual debts. This bubble could burst anytime.

On the other hand, China has made great strides in modernising its economy to become a high-tech industrial power. It is also clearly shifting away from an economic model based only on exports and savings to one based more on consumption. It no longer is, and no longer wants to be, the world’s cheapest sweatshop.

Moreover, the Chinese military, the PLA, has received several new types of excellent weapons this year:

  • The Type 001A aircraft carrier – China’s first indigenously-built ship of this type – began sea trials.
  • The PLA Navy was building six Type 055 destroyers (NATO considers them cruisers) simoultaneously. This type of vessel will have excellent anti-air defense AND anti-submarine warfare capabilities comparable with American Ticonderoga-class cruisers and Burke-class destroyers.
  • And most importantly, the J-20 Black Eagle stealth fighter was inducted into service in limited numbers. This aircraft has a level of stealthiness (low observability) to radar comparable to that of the F-22 Raptor and vastly superior to the limited-stealth, heavy, unmaneuverable F-35 turkey (not to mention the Eurocanards, the F-15, the F-16, and the F/A-18). This fighter, upon entering service with the PLA Air Force last year, basically rendered all other fighters on the planet (excluding the F-22 and the Sukhoi PAK FA) obsolete, as I warned several years ago.

The only American fighterplane capable of defeating the J-20 is the F-22 Raptor, or to be more precise, evolved and enhanced versions of this aircraft.

Therefore, for China, 2018 was “win some, lose some”. It sure did take some hits along the way, and like every other country, it surely has its own problems. But in a long-term perspective, it is well on its way to eventually replacing the US as the world’s top economic and military power.

And let’s never forget that the Chinese people have a VERY long-term perspective, unlike Western societies and their leaders.

Souverainistes ou européistes ? Les Républicains doivent trancher clairement


Les élections au Parlement européen auront lieu dans environ une année, au printemps 2019. Les partis politiques partout en Europe, y compris en France, commencent donc à préparer leurs projets politiques.

Mais chez les Républicains (français), parti politique issue en 2016 de l’ancien UMP, et affaibli par sa défaite à la présidentielle et les legislatives l’année prochaine,  ça s’annonce plus compliqué. Pourquoi ? Parce que, depuis au moins cette défaite, ce parti est désorienté et ne sait plus que devrait-il proposer aux Français.

Plus grave encore, ils doivent trancher sur une question capitale sur laquelle ils ont été profondement divisés depuis au moins 25 ans, à savoir : quelle position prendre sur la construction européenne ? Faut-il la soutenir ou défendre la souveraineté de la France ?

Le présent blog post a pour objectif d’aider les LR à prendre la bonne décision sur cette question grave. Il est cependant à noter que je ne suis personnellement ni adhérent, ni électeur, ni même sympathisant de ce parti. Je suis juste un observateur qui aime surtout la France et qui veut la défendre et garder pour les générations futures. Ce qui m’importe, c’est le sort de la France, pas celui d’un parti politique.

Quelle est la position des Républicains ?

Début 2017, une politicienne prominente des LR, Virginie Calmels, proche d’Alain Juppé, avait affirmé que sur la “construction européenne”, son parti n’est ni souverainiste, ni eurofédéraliste. Elle dit que le parti est “au juste milieu”. Autrement dit, Les Républicains manquent de position claire et essaient de plaire à tout le monde, y compris ses deux ailes (eurofédéraliste et eurosceptique).  C’est donc de l’ambiguïté et un manque total de cohérence qui regnait jusqu’à récemment à la rue de Vaugirard.

Le virage pro-européen de Laurent Wauquiez

Ces derniers mois, le président des Républicains, Laurent Wauquiez, a fait un virage totalement pro-européen (après un début hésitant en 2017). Il s’est clairement exprimé en faveur de l’UE telle qu’est aujourd’hui et d’un Etat supranational européen. Il n’a guère été inquiet par le départ de l’ex-député Thierry Mariani, parti pour rejoindre le RN de Marine Le Pen.

Les Républicains ont proclamé sur leur site web, fin 2018, que “la ligne pro-européenne a été totalement clarifiée par Laurent Wauquiez”, que personne ne pourra leur faire un procès en “anti-européisme”, et que “Macron ne sera pas le seul ami de l’Europe en France.”

A quoi s’attendent les Français ?

 

Cependant, ce n’est pas du tout ce que les Français attendent de leur classe politique.

Les Français s’attendent à ce que leurs partis politiques, y compris les LR, prennent une position parfaitement claire, inambigue, sur la grave question européenne. Une position “au milieu de la scène” (comme celle prise par Mme Camels) ne répond guère aux attentes des électeurs.

Ceux qui soutiennent le projet fédéral européen, et donc la dissolution de la France dans l’UE,  ont déjà au moins deux partis qu’ils peuvent soutenir : LREM (les macronistes) et les Verts. Si les Républicains, soutiennent davantage d’intégration européenne, même en doses “modérées”, les européistes ont déjà deux autres partis (les susvisés) qui peuvent leur promettre davantage.

La majorité des Français sont pourtant souverainistes et eurosceptiques, et ceux-ci ont malheureusement un choix limité aux extrêmes de la scène politique : le Rassemblement National de Marine Le Pen et la France Insoumise de J.-L. Mélenchon.

Mais ces deux partis-là proposent d’adopter des mesures politiques totalement irréalistes une fois la France libérée du carcan européen : davantage d’impôts et de dépenses publiques ! Autrement dit, du socialisme. Le contraire de ce dont la France a actuellement besoin. D’ailleurs, Mme Le Pen et M. Mélenchon sont évidemment incompétents (pour ne pas dire illettrés) sur les questions économiques.

C’est pas la peine de libérer la France de la dictature des commissaires à Bruxelles seulement pour lui imposer une dictature socialiste à Paris.

La majorité des Français veut une France souveraine, libérée des diktats de commissaires non-élus et irresponsables… Mais ils veulent également moins d’impôts et d’ingérence de l’Etat en leurs affaires.

Il y a donc un “vide” politique, un besoin d’un parti qui soit à la fois souverainiste ET libéral. Les Républicains pourraient remplir ce besoin… à condition de choisir une ligne clairement souverainiste.

Répétons-le : les Français sont majoritairement souverainistes, comme l’a démontré le référendum sur la Constitution européenne de 2005. Emmanuel Macron a d’ailleurs dit la même chose aux médias britanniques : il a admis que les Français voteraient pour un Frexit (la sortie de la France de l’Union européenne) si une telle possibilité leur avait été proposée dans un référendum. Et c’est pourqui qu’il ne leur donnera jamais une telle occasion…

En choississant la construction européenne contre la souveraineté de la France, les Républicains agissent donc non seulement contre l’intérêt national, mais aussi contre la volonté d’une majorité nette des Français !

Autrement dit, les Républicains, Laurent Wauquiez en tête, ne comprennent guère les attentes des Français !

Mais les Républicains ne deviendraient-ils pas extrêmistes ?

Certains disent qu’assumer une ligne politique souverainiste (donc eurosceptique) reviendrait à devenir “extrêmiste” et “populiste”, voire s’assimiler au Rassemblement National et FI.

Mais ils ont complètement tort : le souveranisme est devenu un domaine des extrêmes PARCE QUE les partis “modérés”, dont au premier rang la droite, ont abandonné cette cause noble de défense de souveraineté de la France.

Vous voyez, quand il y a une cause que beaucoup de gens (dans ce cas, la MAJORITE des Français) soutiennent, elle ne disparaîtra pas, même si les partis du mainstream politique l’abandonnent. Dans ce cas-là, elle sera tout simplement reprise par les extrêmes.

C’est exactement ce qui s’est passé avec la cause du souverainisme, ou encore celle de la lutte contre la fiscalité confiscatoire (cf. le mouvement des “Gilets Jaunes”).

 

Donc les Républicains devraient faire quoi ?

Laurent Wauquiez devrait déclarer au cours d’une conférence de presse, ou dans une interview avec un grand journal national, qu’il a écouté le sentiment du peuple français et décidé de changer le fusil d’épaule.

Il devrait déclarer solennellement que :

  • désormais, les Républicains réclament une décentralisation profonde de l’UE sans pour autant soutenir l’idée d’un Frexit ; l’UE doit donc être transformée en une confédération d’Etats souverains, et ce sont les gouvernements de ces derniers qui devraient la gouverner et non point des commissaires non-élus et irresponsables ;
  • son parti demande la suppression (ou au moins une limitation stricte des pouvoirs) de la Commission européenne ;
  • réclamer la sortie de la France de la zone euro, qui est, et a toujours été, un non-sens économique total.
  • les Républicains s’opposeraient catégoriquement à tout transfert de souveraineté de la France à Bruxelles.

Le choix devant les Républicains est simple. Soit ils deviendront les meilleurs défenseurs de la souveraineté de la France, comme le fut jadis le Général de Gaulle, soit ils disparaîtront progressivement de la scène politique, leur aile eurosceptique étant absorbée par le RN de Mme Le Pen et l’aile européiste dissolue dans le mouvement hétéroclite macroniste.

L’heure de choix est là, et l’heure est grave, M. Wauquiez.