Category Archives: Russia

Alstom ferme ses portes : comment sauver l’industrie française ?


Le Figaro vient de nous informer  que le constructeur ferroviaire Alstom vient de décider de fermer son usine de Belfort (la où ont été construites notamment des rames des TGV) et de licencier presque toutes (400 sur 480) les personnes y employées.

La raison est, bien évidemment, la pénurie de commandes. En leur absence, Alstom n’a rien à produire pour quiconque.

C’est de même pour toute entreprise : on arrêt la production quant on n’a plus de commandes.

Mais demandons-nous : pourquoi le carnet de commandes d’Alstom est-il vide ? Et pourquoi l’Etat français ne peut-il pas lancer un plan de sauvetage de ce fleuron de l’industrie ferroviaire française ? Malheureusement, nous ne trouvons pas la réponse à ceux questions dans la presse : ni dans Le Figaro, ni dans Le Monde. C’est uniquement ici que nous la découvrons.

Les commandes à gagner sont hors l’Europe

La raison de cette pénurie de commandes est simple : la demande pour des trains et des rames de tramway ou de métro (et pour tous autres produits et services) est trop faible en Europe. Ce qui résulte de la politique folle d’austerité menée depuis plusieurs années par plusieurs pays européens.

Mais la plupart d’eux ne l’ont pas mise on oeuvre de sa propre volonté. Ils l’appliquent sur les ordres de Bruxelles et de Berlin. C’est l’Union européenne qui leur a ordonnée de le faire, sous la peine d’amendes colossales. Ainsi ont-ils dû arrêter tout programme de travaux publiques, réduire drastiquement leurs dépenses et vendre des fleurons de leur industrie, même dans des secteurs d’importance stratégique.

Ainsi la conjuncture économique est déprimée dans l’Union européenne, et notamment dans la zone euro. En 2015, le Portugal et l’Allemagne affichaient un taux de croissance de 1,5 % ; la Belgique,  1,4 % ; la France; 1,1 % ; l’Italie, à peine 0,8 % ; la Finlande, 0,4 % ; la Grèce, 0,2 %.

Seules l’Irlande et l’Espagne ont réussi à redémarrer leurs économies avec des taux de croissance de 7,8 % et de 3,5 %, respectivement. Mais le chômage y reste toujours important, notamment en Espagne. N’oublions aussi pas que le partenaire commercial de loin le plus important de l’Irlande sont les Etats-Unis, suivis par le Royaume-Uni qui n’appartient pas à la zone euro et qui est en train de se libérer des griffes de l’UE. Ceux deux pays reçoivent, à eux seuls, 37 % des exportations irlandaises.

Globalement, l’importance économique de l’ensemble de l’UE diminue vite. En 1973, les 28 pays qui appartiennent aujourd’hui à l’UE répresentaient ensemble 37 % du PIB global ; aujourd’hui, ils ne répresent que 17 %, un chiffre qui diminuera encore davantage dans l’avenir. Ce n’est donc pas en Europe où il faut chercher des commandes. [1]

A la conquête du monde !

Si l’on est chef d’une entreprise et l’on veut gagner des commandes pour elle, il faut les chercher ailleurs, hors l’Europe. Autrement dit, il faut se lancer à la conquête du monde !

Mais, bien évidemment, il existent aujourd’hui beaucoup de barrières aux exportations françaises aux marchés extérieurs. Il existe aussi plusieurs acteurs économiques malhonnêtes qui pratiquent une concurrence déloyale.

D’où le rôle important de l’Etat français. Il doit :

  • d’un côté négocier, avec les gouvernments d’autres pays, l’ouverture de leurs marchés (ou l’obtention de leurs commandes publiques) pour des entreprises françaises comme Alstom ; et
  • d’autre côté, protéger le marché et l’industrie françaises contre toute concurrence déloyale (notamment celle des Etats-Unis).

L’Union européenne nous l’interdit

Mais tant que la France reste membre d’Union européenne centralisée et féderalisée, elle ne peut jamais réaliser ces objectifs et verra un jour la disparition de son industrie. C’est parce que :

  • L’UE interdit à ses membres de négocier et de conclure des accords commerciaux séparés avec d’autres pays du monde. Elle entend négocier en leur nom, mais elle n’a aucun accord important avec quelconque des grandes économies émergentes : ni avec la Chine, ni avec l’Inde, l’Indonesie, le Vietnam, la Turquie, ou les pays latino-américains. Elle n’a pas d’accords commerciaux importants avec des pays industrialisés comme l’Australie (accord gélé en raison d’une dispute sur les tomates italiennes) ou le Japon.
  • L’UE interdit également à ses membres, au nom d’ultralibéralisme illimité, toute forme d’aide publique aux entreprises (subventions, plans de sauvetage…). Elle leur octroie parfois des exceptions et des dérogations, mais très rarement.

Il y a plusieurs grands pays qui ont des besoins énormes en matière de transports ferroviaires, notamment l’Inde, la Russie, le Vietnam, l’Iran, la Turquie… Ces deux premiers pays sont notamment des marches potentiels très rentables pour toute l’industrie française, y compris les constructeurs de trains.

Malheureusement, comme déjà prévu, l’UE est incapable de négocier aucun accord commercial avec ces pays, ou avec quelconque pays émergent. Pire encore, l’UE – sur l’ordre de ses maîtres américains – a entraîne la France dans une guerre de sanctions économiques avec la Russie. En conséquence de quoi Alstom a raté l’occassion de gagner le contrât pour construire la ligne à grande vitesse Moscou-Kazan et d’y fournir des rames TGV (ainsi que beaucoup d’autres commandes potentielles en Russie). C’est la China Railway Corporation qui a emporté cette méga-commande.

(En même temps, le gigant pétrolier américain Exxon fait toujours des affaires importants en Russie, tout comme le miliardaire présidentiable américain Donald Trump.)

Parce que, comme l’explique François Asselineau :

La politique des « sanctions » imposées par Washington répond à la tactique du billard à 3 bandes. Ces « sanctions » ne visent ni l’Iran, ni la Russie, elles visent les pays européens.

Elles ont pour objectif l’affaiblissement stratégique de l’industrie et de l’agriculture européennes, et notamment française, pour mieux les avaler dans le prochain Grand Marché transatlantique.

En vertu de l’inféodation totale de l’UE envers Washington, l’UE est non seulement incapable d’ouvrir de nouveaux marchés pour les entreprises européennes, elle nous mène dans des guerres commerciales non-voulues, inutiles et économiquement désastreuses.

Construction-européenne-et-retrait-de-lOTAN

Conclusion : La seule solution, c’est de sortir au plus vite de l’UE

Tant que la France reste un membre de l’Union européenne, elle ne pourra jamais redresser son situation économique.

Bruxelles lui impose une politique économique imbécile : une austerité qui étouffe l’ensemble de l’économie, une monnaie complètement inadaptée à ses besoins économiques, l’interdiction de toute aide aux fleurons de l’industrie française et une montagne de directives et de réglementations qui exigent un comportement économique irrationnel (p.e. l’exigence que 15 % de l’éléctricite en France soit produit des sources dites renouvelables comme l’éolien ou le solaire).

En même temps, Bruxelles est complètement incapable d’ouvrir les marchés non-européens aux exportations françaises, faute de quoi l’économie héxagonale reste stagnante, avec chômage en masse et la disparition du tissu industriel tricolore.

Et en même temps, le Royaume-Uni, qui vient de décider, le 23 juin, de rétablir sa souveraineté, a déjà trouvé plusieurs pays souhaitant conclure des traités commerciaux avec lui, dont au premier rang le Canada et l’Australie qui lui prêteront aussi des négociateurs experimentés.

Tout au contraire de la propagande européiste, c’est l’enferment d’un pays dans l’UE qui représent l’isolationnisme et le le repli sur soi. Le Brexit, par contre, permettra à Londres de s’engager plus activement – d’une manière souveraine – dans les affaires mondiales.

Il n’y a qu’une seule solution pour rétablir la santé économique, sauver le tissu industriel, et retrouver la position mondiale de la France : c’est de sortir de l’UE au plus vite.

[1] A l’exception des pays non-membres de la zone euro qui n’appliquent pas la folle politique d’austerité voulue par Bruxelles et Berlin. Les villes de l’Europe orientale devront bientôt renouveler leur matériel roulant de transports en commun. Ainsi Budapest devra-t-elle remplacer les vieilles rames soviétiques qui roulent sur la ligne 3 de son métro, tandis que Cracovie à lancé un appel aux offres de 50 rames de tramway modernes.

Advertisements

La France devrait quitter l’OTAN


Construction-européenne-et-retrait-de-lOTAN

Il y a 7 ans, la France, sous la direction du président Sarkozy – “Sarko l’Américain” – a réintégré le commandement militaire unifié de l’OTAN, plaçant ainsi ses forces conventionnelles (mais pas celles de dissuasion nucléaire) sous commandement américain.

C’était une erreur majeure à l’époque, et elle le reste aujourd’hui, pour plusieurs raisons.

D’abord, parce que l’OTAN est en réalité un protectorat américain sur l’Europe qui, comme l’Union européenne (le deuxième côté de cette médaille), menace la souveraineté de ses pays membres et est d’ailleurs incompatible avec le statut (ou au moins l’ambition de la Paris d’être) de puissance mondiale de la France. Ce qui ruine par ailleurs la réputation de la France aux yeux des pays non-alignés.

Ensuite, parce que les forces conventionnelles – et donc les soldats français, ainsi que leurs équipements – sont placés sous commandement étranger.

Enfin, parce que cette mésalliance menace de traîner la France dans des guerres qu’elle n’a jamais voulues, notamment entre la Russie et la Turquie, ou entre la Russie et la Pologne ou les pays baltes.  Des conflits  qui ne sont nullement dans l’intérêt national de la France. Si un de ces pays provoque une conflagaration entre l’OTAN et Moscou, l’Hexagone sera obligé à le défendre et donc de risquer sa propre survie.

Cela ne veut absolument pas dire que la menace russe est fictive ou exagérée, oh certes pas ! Mais c’est précisement pourquoi il est important d’éviter un conflit avec ce pays puissant et dangereux sauf s’il menace la France elle-même ou toute l’Europe.

Certains disent que nous avons besoin des Etats-Unis pour nous protéger contre la Russie et d’autres menaces à notre sécurité.

Mais il est très naïf de croire aux assurances de sécurité américaines. Il est naïf de croire que les Etats-Unis nous couriront au secours et nous défendront, même au péril de leur propre survie, en cas d’une attaque par une puissance hostile.

Les Etats-Unis n’ont jamais le fait pour un pays étranger, même pas pour la Grande Bretagne. Lors de la Première Guerre Mondiale, il a fallu trois ans, la fameuse depèche de Zimmermann, et les paquebots coulés par des sous-marins allemands, qu’ils entrent enfin en guerre. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, il a fallu Pearl Harbor pour qu’ils le font – et ils n’ont libéré l’Europe de l’Ouest qu’en 1944. Et dans tous les deux cas, les forces qu’ils ont envoyé en Europe étaient des corps expeditionnaires bien au-dessous les moyens des USA.

Si les Russes, ou quelqu’un d’autre, envahissent l’Europe, les Américains peuvent toujours se cacher derrière le Grand Large – l’Atlantique. Les Britanniques peuvent toujours filer à l’anglaise et se cacher derrière La Manche. Mais les Français, les Allemands, les Polonais, les Italiens, les Tchéques et les autres peuples européens ne peuvent fuir ni se cacher nulle part.

Seule la France peut assurer sa propre sécurité – et cela passe uniquement par des investissements importants dans son armée, y compris (mais pas seulement) dans la force de dissuasion nucléaire. C’est la responsabilité de la France et d’elle seule.

De la même manière, les autres pays européens ne pourront jamais assurer leur propre sécurité qu’en augmentant leurs budgets de défense et leurs achats des armements et des capacités militaires modernes, nécessaires pour mener et gagner les guerres du XXIe siècle. L’Europe de la Défense (que l’OTAN empêche d’ailleurs) et la mutualisation des moyens ne sont guère une solution.  Si on mutualise les moyens, très faibles actuellement, de tous les pays européens, le résultat sera toujours une somme très faible et absolument insuffisante pour assurer la sécurité de l’Europe.

Seuls nous-mêmes pouvons le faire, et cela uniquement en dotant notre armée des moyens suffisants. Il n’y a et il n’y aura jamais aucune autre solution.

Stop fantasymongering about a world without nuclear weapons


cropped-franceoperationcanopus11.jpg

President Obama has just visited the Hiroshima Memorial and has made another impassioned plea for “a world without nuclear weapons.” On this occassion, pacifist organizations all across the Western world have made similar, and equally impassioned, calls for nuclear weapons to be “banished” from this planet. As usual, they claim that such a world would be more peaceful, more secure, and is realistically achievable.

But on all three counts, they are dead wrong.

A utopian fantasy

First and foremost, a world without nuclear weapons is nothing but a childish fantasy. Ever since 1945, the world has been going in exactly the opposite direction : more atomic weapons and more nuclear-armed states in it.

And although the three Western nuclear powers: the US, the UK and France – have significantly cut their arsenals since the end of the Cold War, that example has not been followed by anyone.

Russia did reduce its own stockpile markedly after the Cold War’s end, but only because it couldn’t afford to maintain the vast arsenal she had inherited from the USSR. Thus, the US succeeded convicing Mikhail Gorbachev, the last Soviet leader, to agree to deep cuts in the two superpowers’ arsenals. Gorbachev needed arms control agreements even more so than the US did. He needed them to quickly end the arms race so that he could focus on badly needed reforms at home. For the same reasons, Russia’s first democratically-elected president, Boris Yeltsin, continued that policy. Yeltsin’s Russia simply could not afford to maintain the USSR’s vast arsenal or to start a new arms race with the US.

But since Vladimir Putin has come to power and revived Russia’s might, Moscow has begun steadily rebuilding its nuclear muscle. Since 2013, Russia’s nuclear stockpile has been growing non-stop and is poised to grow even further, to as many as 3,000 deployed strategic warheads (on top of Russia’s thousands of tactical warheads) by 2020.

Russia’s Nuclear Increases Are No “Temporary Fluctuations”

The recent increases in Russia’s deployed strategic arsenal are not “temporary fluctuations” as pacifist groups (such as the Arms Control Association and the FAS) falsely claim. These are consecutive steps of a large-scale buildup that has been ongoing ever since the New START arms control treaty between the US and Russia was signed in 2010. And since September 2013, i.e. for almost three years now, Russia has been adding warheads at a rapid pace.

Over the last 3 years, since September 2013, Russia has increased her deployed strategic nuclear arsenal from 1,400 to 1,735 warheads – an increase of 335 warheads in less than 3 years! (See the graph below based on State Department data).

croissancedelarsenalrusse
Number of deployed strategic warheads possessed by Russia from September 2013 to September 2015. Data provided by Russia to the US State Department and published on the said Department’s website. In just two years, from September 2013 to September 2015, Russia has increased the number of strategic warheads deployed on intercontinental delivery systems (bombers, ICBMs, ballistic missile subs) by 248, from 1,400 to 1,648. By April 2016, she had increased this deployed arsenal even further, to 1,735 warheads.

 

The New START treaty was supposed (and was advertised as an accord that would) prevent a new nuclear buildup by the Kremlin. But, as I warned when it was signed, it has spectacularly failed to do so.

Many Countries Are Growing Their Arsenals

Outside the West and Russia, all other nuclear powers are steadily growing, not shrinking, their arsenals: China, North Korea, India, Pakistan, and Israel. China, in particular, has increased its nuclear arsenal from just 250-300 warheads in the 1980s to at least 1,600, and perhaps as 3,000, today.

And now, Iran and, reportedly, also Turkey are developing atomic weapons. Given Iran’s desire to build them and the 2015 VP5+1 agreement’s failure to put meaningful brakes on Iran’s nuclear and missile programme, it is virtually certain that Iran and, concurrently, its longtime rival Saudi Arabia will acquire nuclear weapons at some point.

No amount of  “international pressure”, not even the harshest sanctions, will deter these countries from developing nuclear arms or Russia, China, North Korea, India, Pakistan and Israel. These countries, having acquired these weapons, will not renounce them under any circumstances – Israel hasn’t even admitted to having them and has conducted its nuclear programme in absolute opacity.

North Korea is a case in profile. That regime is subject to the most stringest sanctions regime ever devised, one that was reinforced with fresh sanctions just several months ago after its fourth nuclear test. Yet, none of that has stopped Pyongyang from continuing to build up its atomic arsenal (Chinese analysts predict it will number 100 warheads by 2020) and developing ever more effective ballistic missiles – ground- and sea-launched.

In short, while the West continues to daydream about “a world without nuclear weapons”, the rest of the world is steadily building up their arsenals.

We, Westerners, will ignore this reality at our lonely peril. If we continue to indulge in the “world without nuclear weapons” fantasy, it will be the source of our own undoing.

A Non-Nuclear World Would Be More Belligerent

Secondly, there is zero evidence that a world without atomic weapons would be more peaceful and secure than the present one – even assuming for a moment that such a world is even possible, which it isn’t.

Let us not forget that all the deadliest, most destructive wars in history occurred before nuclear weapons were invented : the 100 Years War, the 30 Years War, the Napoleonic Wars, the U.S. Civil War, colonial wars, and the two World Wars.

These conflicts occurred even though, in most cases, there were already established mechanisms for resolving international disputes. What’s more, in the run-up to World War II, the West also indulged in “global disarmament” fantasies, disarmed itself unilaterally, and tried to simply appease evil, imperialist dictators sch as Hitler and Mussolini.

What’s more, before WW2, left- and right-wing parties alike supported unilateral disarmament in the naive hope that “leading by example” would somehow induce Germany, Italy, Japan and the Soviet Union to follow that “moral example.”

The result was World War 2, by far the deadliest, most destructive, bloodiest conflict humanity has ever seen, with a death toll of at least 60 million people – the equivalent of nuking a large part of China, the US, or most major Russian cities – or of nuking all of France, all of Italy, or the entire United Kingdom.

Nuclear Weapons Have Kept The Peace

But since the advent of nuclear weapons, humanity has been much more prudent about war. There have been no more wars between the great powers. Instead, wars have been fought between:

  • A major power and a weaker state;
  • Multiple weaker states;
  • Nation-states against insurgents or terrorist groups;
  • Various factions in civil wars.

As deadly, destructive, and brutal as these wars have been, they do not even approach the death, destruction and human suffering that was the result of wars between major powers and especially of the two World Wars.

And it is exclusively nuclear weapons that have spared us from this dastardly fate. Precisely because of their unmatched destructive power, they have taught even the most seemingly irrational actors, such as North Korea, to refrain from making war (as opposed to merely threatening it). They have taught mankind, in a manner no other weapons have or could have done, that there is a red line it should not cross.

Without nuclear weapons, the consequences of war, even between major powers, would not be as terrifying, and therefore, the risk of such a  conflagaration would be much greater.

A world without nuclear weapons would therefore be much less secure and peaceful than it currently is.

But that is an academic discussion, because, as stated at the beginning, there is zero chance of such a world ever existing again. The nuclear genie has been unleashed from the bottle – and he will never return there. It is time for the West – and especially for President Obama and all candidates vying to succeed him – to come to terms with this reality.

Originally published at ConservativeDailyNews.

The “Deal With the Devil” Delusion : A WW2-style Alliance with Assad and Russia?


putinandassad

Photo credit: CNS News

Since the bloody terrorist attacks that occurred in Paris in January and November 2015, many Western politicians, journalists, bloggers and foreign policy gurus have called for an alliance between the West, Russia and Bashar el-Assad’s regime in order to defeat the Islamic State in Iraq and Syria (ISIS), which has claimed responsibility for these attacks.

When confronted with the genocidal record of both of these regimes, especially Assad’s, and Russia’s aggressive behavior towards the West itself, they claim that a “deal with the devil” is nonetheless necessary to save the world from the dastardly ISIS threat. Proponents of such a policy compare it to the alliance forged by Western democracies with the Soviet Union against Nazi Germany during World War 2.

This argument, however, doesn’t hold any water. It doesn’t stand up to scrutiny at all. And we will debunk it here and today, on the 71st anniversary of Germany’s surrender.

Why? For several reasons.

Assad and al-Maliki created this monster

First and foremost, Assad’s regime and Russia are, quite simply, of no use whatsoever against the Islamic State; in fact, they are only making the problems worse. Worst of all, though, it is Assad’s regime (along with the Shia government of then-Iraqi Prime Minister Nouri al-Maliki) who created the ISIS threat in the first place.

How? By persecuting – through imprisonment, torture, and murder – the Sunni Muslim population of these two countries and responding to any dissent and resistance with even bloodier persecution – a full-scale war on the Syrian people, in Assad’s case. When an uprising against him erupted in 2011, his response was – and has continued to be – to use all the military force at his disposal to murder anyone opposing him; indeed, to drown the opposition in its own blood – with the Kremlin’s full military backing.

It is against this background – as well as Maliki’s persecution of Sunni Iraqis – that the Islamic State was created and has grown in strength, gaining thousands of new recruits every year.

(Recall that already before Maliki had come to power, the US had completely “de-baathified” the Iraqi government and disbanded Saddam’s military (which was led by Sunni officers). Maliki went even further and orchestrated full-scale purges, witchhunts, and systematic persecution of Sunni Arabs in Iraq, leading them to join Al-Qaeda in Iraq and to rebel against the Baghdad government and the US military forces in Iraq.)

Together, it was Bashar el-Assad and Nouri al-Maliki who led to the creation of ISIS – the very monster we are now seeking to slay.

Even worse, in 2011, at the start of the rebellion, Assad released hundreds of Sunni jihadists from his prisons, and these men soon joined ISIS and some of them made it to the organization’s top leadership.

So Assad (and his Russian benefactor) cannot be of any help whatsoever against ISIS; in fact, he’s the greatest hindrace in our struggle against this terrorist group, for the simple reason that he is the primary reason why ISIS exists and thrives. He’s the jihadist group’s best recruitment poster, and by continuing to slaughter those who oppose him, he’s only creating thousands of new recruits for ISIS.

assad_torture_massacre_syria_war

This Time magazine cover quite rightly called for ending Assad’s genocidal rule on humanitarian grounds. What few people realize, however, is that Assad needs to be driven out of power primarily because his genocidal crimes are driving Syrian Sunni Muslims en masse into the Islamic State’s arms – and army. And without Sunni Muslims turning against ISIS, we will never be able to defeat the caliphate.

It bears repeating: the ISIS was created by Sunni Muslims not out of some random zeal to wage jihad on someone, but out of a fervent desire to topple the repressive Shia regimes of Syria and Iraq run at the time by Assad (who’s still in power, of course) and Nouri al-Maliki (widely seen in Iraq as an American puppet).

The very reason why ISIS exists is because the Shia regimes of Syria and Iraq have used (and continue to use) bloody repression to crush the dissent of the Sunni populations of these countries (which, in Syria, constitutes a majority of the entire populace of that country).

And of course, since it is a Sunni jihadi group aiming to topple Shia regimes, it has enjoyed generous backing from Sunni countries such as Saudi Arabia, Qatar, and Turkey.

Allying ourselves with the very Shia regime whose repression of Sunni Arabs has led to the creation of Abu Bakr al-Baghdadi’s caliphate is the worst, most foolish, most catastrophic mistake we can make. Far from enabling us to defeat ISIS (as Assad’s and Putin’s sycophants in the West falsely claim), it would seal our defeat and ISIS’s victory.

Because, as soon as such an alliance were forged – formally or informally – ISIS would be able to correctly claim that the West has allied itself with Assad’s regime, the Iraqi government, and Russia to wage all-out war against Sunni Muslims. It would then be able to correctly claim that Sunni Muslims have no choice but to join the ranks of ISIS if they want to rid themselves of the thuggish, repressive regimes in Damascus and Baghdad – especially the former.

As soon as that happens, the entire non-jihadist Syrian opposition, and the Kurds, will have been totally discredited in the eyes of Sunni Arabs, and the Islamic State’s ranks will swell with fresh recruits who will not hesitate to risk death to topple the hated, genocidal monster currently in power in Syria.

And then, ISIS will inevitably topple Assad, overrun most of Syria and Iraq, and reach the Med.

Far from saving our Western civilization, we will be sowing the seeds of its destruction by allying ourselves with the regimes responsible for creating the very monster we are now attempting to slay.

We will never be able to defeat ISIS without Sunni Muslims turning against it and joining our cause.

Wars Are Not Won Through Body Counts

My critics will inevitably say, “But you don’t understand. War is about killing the enemy before he can kill you. War is about making the poor bastards die for their cause. It’s about conquering land in Attilla-the-Hun style. It’s about physically destroying enemy armies, like Clausewitz taught.”

But they are dead wrong (and so were Attilla and Clausewitz). No, war is not just about killing the enemy. Wars are not won by killing your way out of them and amassing huge enemy body counts. Wars are not even won by occupying the opponent’s land.

Wars are also waged over human hearts and minds. Remember, it is people, not weapons, who wage war.

Wars are waged for many purposes: to conquer such and such land (or sea), or some natural resources, or to right perceived past wrongs; or to liberate yourself from someone else’s rule; or to impose your domination (and possibly your ideology or religion) on others.

The war currently ongoing in Syria and Iraq is hardly a mere war for control of those two countries; it is also waged for control over the people who live there; for the hearts and minds of Sunni Muslims (and Muslims more generally) around the world; for ISIS, it’s also a war to impose their domination on those two countries and then, the rest of the Middle East; for the regimes in Damascus and Baghdad, it’s a war to reassert, by brutal force, their rule over Sunni Arabs; and for the latter group, it is, above all, a war for liberation from these two repressive regimes.

In short, this is a war waged not only over territories, but most importantly, over the hearts and minds of the populations of the war zones – which are predominantly Sunni Muslim.

What matters is not just the physical terrain, but also, and most importantly, the human terrain – the hearts and minds of Sunni Muslims in Iraq and Syria.

And the Sunni inhabitants of the latter will never, ever, accept Bashar el-Assad as their president. They are willing to do everything to overthrow him.

If we – the West – strike a “deal with the devil” – an alliance with Assad and his Russian benefactor – we will only play into the hands of ISIS by surrendering a huge swath of “human terrain” – Syria’s and Iraq’s Sunni Muslim inhabitants – to that Islamic terrorist group.

And that will be our kiss of death. Far from opening the road to victory, it will seal our defeat and, over the long term, our civilization’s very demise. It will be a far greater boost to ISIS than any support Sunni Muslim countries have offered it.

 

Let’s Listen to Sun Tzu’s Advice

Let us also not forget that while ISIS is a powerful, well-armed, well-trained, and wealthy terrorist group whose fanaticism causes many people to tremble in fear, ISIS’s own genocidal behavior and its iron-fisted rule of the territories it has conquered are its greatest, yet so far unexploited weakness.

And, as the greatest military strategist in history, Sun Tzu, taught, the best way to defeat an enemy is to exploit his weaknesses:

“You may advance and be absolutely irresistible, if you make for the enemy’s weak points; you may retire and be safe from pursuit if your movements are more rapid than those of the enemy.”

(Sun Tzu, Art of War, Chapter III, verse 10)

“Military tactics are like unto water; for water in its natural course runs away from high places and hastens downwards. So in war, the way is to avoid what is strong and to strike at what is weak.”

(Ibidem, verses 29-30)

Let’s not forget that ISIS’s predecessor, Al-Qaeda in Iraq, was defeated in a similar manner in 2007-2008. Before 2007, AQI’s ranks were also swelling with new recruits and the group was steadily gaining control of more and more territories populated mostly by Sunni Arabs. The repressive, but incompetent Shia government of Nouri al-Maliki was completely unable to stop AQI’s advance.

This is because, instead of trying to make peace with Sunni Arabs, al-Maliki responded to their resistance with ever-harsher persecution, thus driving them right into AQI’s arms. Even the mightiest military on the planet – the US military – was utterly unable to stop AQI’s spread.

But eventually, by 2007, Sunni Arabs themselves became disgusted with Al-Qaeda’s extreme, indiscriminate violence (which often produced casualties among them and not just among Shias and Americans), as well as AQI’s theft of contraband revenues and forced marriages in the territories it held sway. Thus began the so-called “Sunni Awakening” – Sunni Iraqis’ turning against AQI – which enabled the US military to start stabilizing Iraq and eliminating AQI (though not completely pacify it).

It was the Sunni Arabs themselves, not the US military, who dealt the decisive blow to AQI, and it was dealt to that terrorist group in Sunni Arabs’ hearts and minds, not on the physical battlefield. What happened on the battlefield was merely an inevitable consequence of the former. For, as they say, the body follows where the mind wants it to go.

Likewise, today we can defeat ISIS only if we completely disassociate ourselves from the Assad regime and its Russian benefactor and engineer, one way or another, its end – be it through overthrow or Assad’s own resignation in favor of a transition government.

 

It’s the Hearts And Minds That Matter

Sun Tzu also underlined the importance of a ruler enjoying the support of his own people if he is to win his wars:

“The art of war, then, is governed by five constant factors, to be taken into account in one’s deliberations, when seeking to determinethe conditions obtaining in the field. These are: (1) The Moral Law; (2) Heaven; (3) Earth; (4) The Commander; (5) Method and discipline. The Moral Law causes the people to be in complete accord with their ruler, so that they will follow him regardless of their lives, undismayed by any danger. (…) These five heads should be familiar to every general: he who knows them will be victorious; he who knows them not will fail.

Therefore, in your deliberations, when seeking to determine the military conditions, let them be made the basis of a comparison, in this wise: (1) Which of the two sovereigns is imbued with the Moral law? (2) Which of the two generals has most ability? (3) With whom lie the advantages derived from Heaven and Earth? (4) On which side is discipline most rigorously enforced? (5) Which army is stronger? (6) On which side are officers and men more highly trained? (7) In which army is there the greater constancy both in reward and punishment? By means of these seven considerations I can forecast victory or defeat.”

(Sun Tzu, Art of War, Chapter I, verses 3-6 and 11-14)

Assad can never defeat the Islamic State or other rebel groups in Syria for the plain and simple reason that, through his genocidal actions, he has turned the vast majority of the Syrian people against him.

In short, Assad’s regime and his Russian ally are of no help whatsoever in our struggle against ISIS; in fact, they are a huge hindrance.

 

Immoral Alliances Are Not Acceptable

The second reason to reject any calls for a deal with them is that making alliances with such regimes is just plainly unacceptable – both practically and morally.

It has, unfortunately, become a standard Western policy to forge alliances with whatever dictatorial regime the West thinks fit to serve its temporary interests and objectives, no matter how thuggish the regime in question is. This, however, is a totally mistaken policy which should be abandoned.

Alliances with dictatorships should be a very rare exception, not the rule. They are a sound policy only if a country’s own survival, independence, territorial integrity, or liberty is gravely threatened and the potential ally would be of great help against the menace we are trying to defeat. Even if all three of these conditions are met, the alliance should be terminated as soon as the menace is removed.

This is what the US and Britain did during World War II by forging an alliance with Joseph Stalin’s Soviet Union against Nazi Germany. The Third Reich was a grave threat to all of Europe, including Britain (and its Empire). Not only that, but it was the Soviet Union who bore the brunt of the war effort against the Nazi war machine. It was the Soviet Union who dealt crushing defeats to the Germans and eventually overran their own capital, Berlin, thus forcing Nazi Germany’s unconditional surrender.

But as soon as WW2 was over, the Western Allies terminated their alliance with the Soviet Union, which, by that time, had itself become a menace to the West. President Truman and Prime Ministers Churchill and Attlee did not delude themselves that Moscow could be a “strategic partner” beyond WW2. They didn’t lapse into fantasies of friendship with Joseph Stalin. They simply needed the Red Army to defeat Nazi Germany and Imperial Japan – and for nothing else.

 

This Is Not WW2 and ISIS is not Nazi Germany

But ISIS is not Nazi Germany. As murderous as it is, it is not even close to posing as grave a menace to Europe (let alone the US) as Nazi Germany did.

It could actually be argued that ISIS is not even a direct threat to Europe at all. There is so far zero solid evidence that it was actually involved in last year’s terrorist attacks in Paris or those that occurred in Belgium earlier this year. All the evidence available so far points to the same, relatively small group of homegrown French and Belgian Muslims operating from the Molenbeek quarter of Brussels.

If Western intel services have any evidence of direct ISIS involvement, they haven’t presented it yet.

More broadly, Europe’s problem with Islamic terrorism seems entirely homegrown, so far, originating from large Muslim immigrant communities in Europe that have utterly failed to integrate themselves with local societies and from these societies’ failure to require integration. In other words, Europe has been way too tolerant towards those immigrants who do not wish to integrate themselves with European societies and instead live in ghettos.

Be it as it may, ISIS (or even Islamic terrorism) is not even comparable to the threat posed by Nazi Germany or the Soviet Union (or by Putin’s Russia these days).

The Islamic terrorist threat is not even nearly as lethal as the everyday dangers which, sadly, we no longer really care about. Let’s put things into perspective. For example, a combined 150 people died in last year’s terrorist attacks in France (20 in January and 130 in the November attacks). But at the same time, throughout the year 2015, 3464 people died in traffic accidents in France – that is, 23 times more people than those who perished in those two jihadist attacks.

What, therefore, is a greater threat to the life, well-being, and security of French and European citizens?

But most importantly, as demonstrated above, not only isn’t Assad of any help against the Islamic State, he’s actually the greatest hindrance to our victory over that jihadist group. And, because of backing him to the hilt and defending his regime at any cost, so is Russia.

More broadly, let us not forget that the West has a problem with Islamic terrorism partially because the US and Britain (and, on a lesser scale, other Western countries) have historically supported a plethora of brutal regimes throughout the Middle East and the Muslim world, the most notable examples being those of Hosni Mubarak, the former Shah of Iran, the Pakistani military, and the Saudi and Bahraini royal families. This policy, as the CIA now admits, has resulted in blowback from angry populations whom these regimes have ruled throughout decades.

In the same manner, the West has also historically supported dozens of thuggish dictatorships all around the world, in Asia, Africa, and Latin America, including those of Mobutu Sese Seko, Ferdinand Marcos, Park Chung-hee, and the former military juntas of Latin America (Chile, Argentina, Brazil, Bolivia, etc.). Likewise, in those cases, this has resulted (with the notable exception of South Korea) in deep distrust and resentment of the West – especially of the US.

Crawling into bed with the likes of Bashar al-Assad will only attract the anger of the Sunni majority of the Syrian people – and of Muslims all around the world – and create millions of new volunteers for ISIS. By allying ourselves with him and his Russian protector, we will only provide massive fodder for the very jihadist movement we are seeking to neutralize.

But even beyond the practical considerations, it is simply morally unacceptable to make common cause with the likes of Assad under any but the most extreme circumstances – which have not transpired now and are unlikely to occur. Crawling into bed with the likes of him completely rots our own political classes and our very societies. It is not simply impractical or immoral, it is utterly destructive to the Western civilization’s own identity, values and sense of self-worth to compromise those values and the undergirding fundamental principles for anything less than desperately needed aid against a grave menace to our own existence.

ISIS is not such a menace. And even if it were, it would be a moot question, since Assad and Russia are a huge obstacle, not asset, to our victory against this self-proclaimed caliphate.

 

Conclusion

 

The West needs to continue demanding that Assad resign from office and pave the way for a post-Assad transition in Syria – preferrably with Russian involvement, but without it if necessary. If preserving Russia’s bases in Syria is all that the Kremlin truly wants, this can be guaranteed.

But we should not harbor any illusions about Assad. He’s the greatest fodder the Islamic State could ask for, and without his removal, Syrian Sunni Arabs will not dump ISIS and join our cause. And without Sunni Arabs on our side, we are doomed to defeat.

Let Sun Tzu have the last word here, across 2,500 years of time:

The general that hearkens to my counsel and acts upon it, will conquer: let such a one be retained in command! The general that hearkens not to my counsel nor acts upon it, will suffer defeat: let such a one be dismissed!

 

Comment battre le Daech et les terroristes islamiques en général ?


Vendredi, le 13 novembre, des terroristes islamiques appartenant à, ou commandités par, l’Etat Islamique (Daech) ont frappé la France et tue plus de 120 personnes.

Cela malgré toutes les restrictions des libertés publiques mises en oeuvre après les attentats du janvier.

La question se pose : que faut-il faire maintenant ? Mais avant d’y répondre, il faut d’abord expliquer une autre chose : pourquoi l’EI a-t-il frappé l’Occident et comment l’EI est-il né ? D’ou vient le terrorisme islamique ?

Il faut faire la diagnose correcte avant de faire des prescriptions.

Les causes du terrorisme islamique

Il y a plusieurs causes du terrorisme islamique, plusieurs motivations qui poussent des musulmans à faire du djihad, qui malheureusement renforcent l’une l’autre, notamment:

  • L’idéologie djihadiste – une idéologie de haine envers non-musulmans qui appelle les musulmans à conquêter le monde non-islamique;
  • Le soutien historique (et actuel) de l’Occident pour des dictateurs tyranniques dans plusieurs pays musulmans (notamment en Iran, Irak et Egypte, ainsi qu’aujourd’hui pour les monarchies absolues du Golfe arabe et au gouvernement pakistanien);
  • L’occupation répressive des territoires palestiniens par l’Israel et ses attaques périodiques contre les Palestiniens (et le soutien continu et inconditionnel de Washington pour Tel Aviv);
  • Les interventions des USA au Moyen-Orient et les tortures utilisées par les Americains à Abou Ghraib et à Guantanamo; et
  • Plus généralement, la pauvreté et la tyrannie sous laquelle vivent les résidents de la plupart des pays musulmans.

Dans le cas spécifique de l’Etat Islamique (EI), né en 2006 en Irak en conséquence de l’invasion américaine de ce pays trois ans plus tôt, sa montée en puissance est due d’un grand part au président syrien Bachar el-Assad:

  • D’abord, parce que M. Assad mène, depuis 2011, une guerre génocidaire contre son propre peuple et a déjà tué 250 000 de ses concitoyens, pour la plupart des femmes et des enfants, souvent avec des armes chimiques;
  • D’un autre cote, parce que M. Assad a relâché en 2011 des centaines de terroristes islamiques de ses prisons ; ces terroristes ont ensuite rejoint l’EI ;
  • Enfin, parce que depuis le début de la guerre civile en Syrie (en 2011) M. Assad a attaqué exclusivement les positions de l’opposition syrienne moderée, pas celles de l’EI.

Bien évidemment, l’invasion américaine de l’Irak en 2003 a aussi nettement contribué à cette conflagaration qui est actuellement en train de détruire la région. Les Américains ont déposé le dictateur irakien sounnite Saddam Hussein et ont ensuite organisé des élections remportées par la majorité chiite irakienne (répressée par Saddam) ménée par le politicien chiite revanchiste Nouri al-Maliki. Celui-ci a ensuite commencé une chasse aux sorcières contre les sounnites – une campagne de répression systematique contre la minorité sounnite. Il a aussi expulsé presque tous les sounnites du gouvernement irakien et de ses services secrètes.

Cette répression a provoqué une grande rebelle sounnite contre le gouvernement al-Maliki que l’interessé a essayé d’etouffer par force militaire avec l’aide des Américains. Cette politique a echoué et a méné, en 2006, à la naissance de l’Etat Islamique.

La situation a été un peu calmee en 2007-2008 quand l’extremité de la violence des islamistes a bouleversé les sounnites eux-mêmes, ce qui a permis à l’armée américaine à stabiliser un peu la situation. Mais au lieu de chercher la réconciliation avec les sounnites, al-Maliki a renforcé la répression contre eu, ainsi destabilisant l’Irak a nouveau, ce qui a aidé énormement à la montée en puissance de l’EI. Encore pire, les troupes américaines ont quitté l’Irak en 2011 et en 2014, en face de l’Etat Islamique, l’armée irakienne – bien que dotée de l’équipement américain le plus moderne – a abandonné ses armes et pris la fuite. Ce qui a permis à l’EI de s’emparer d’une bonne partie de l’Irak.

Que ne faut-il pas faire ?

Dans l’Occident, il y a ceux qui prônent une alliance avec la Russie de Vladimir Poutine, l’Iran des mollahs et le régime de Bachar el-Assad pour combattre l’EI. Parmi les partisans d’une telle solution sont des politiciens de la droite et de la gauche française, notamment Nicolas Sarkozy, François Fillon, Christian Estrosi, Pierre Lellouche (considéré le meilleur “expert” des Républicains sur les affaires étrangères) et Marine Le Pen.

Toutefois, ils ont complètement tort. Une alliance avec le régime d’Assad et avec ses mecènes russe et iranien serait la pire faute que l’Occident puisse commettre, pour des raisons déjà expliquées ci-dessus. D’abord parce que le dictateur génocidaire syrien, ayant tué avec prémeditation un quart d’un million de ses compatriots, est la meilleure affiche de récrutement pour l’EI – il est une énorme obstacle, pas une aide, à la victoire sur Daech. Ensuite parce que il est un pantin de la Russie et de l’Iran. En le sauvant, nous aiderons donc Moscou et Téhéran à faire du Moyen Orient leur zone d’influence exclusive.

N’oublions pas que – comme indiqué ci-dessus – l’une des causes principales du terrorisme au monde est le soutien historique aux dictateurs de certains pays du Moyen Orient, notamment Saddam Hussein et le dernier Shah de l’Iran. (En fait, l’Occident soutient toujours les monarchies absolues de la Péninsule Arabe.) Il ne faut pas commettre la même faute encore, dans ce cas avec Assad. Particulièrement pas maintenant, apres que Assad a déjà exterminé 250 000 de ses compatriotes et s’est donc fait valoir la haine de la grande plupart de ses compatriotes.

En ce qui concerne l’Iran et la Russie, ces pays constituent eux-mêmes des menaces très serieuses à la sécurité de l’Europe entiere en raison de leurs programmes nucléaires et missiliers. En particulier, la Russie, avec son vaste arsenal atomique (7 500 tetes) et ses menaces fréquentes d’utilisation de l’arme ultime contre des pays européens, menace la sécurité et la paix de tout le monde occidental. Or, les russophiles comme MM. Sarkozy, Fillon, Estrosi et Lellouche vont permettre a la Russie de creer du Moyen-Orient sa zone d’influence exclusive.

Que fait-il faire ?

Pour vaincre l’EI et résoudre – plus ou moins – la crise syrienne, il faut tirer des leçons de la diagnose ci-dessus et donc:

  • Continuer de bombarder l’EI de l’air.
  • Augmenter nettement l’approvisionnement en armes de l’opposition syrienne moderée et des Kourdes (ceux derniers se sont révélés comme une force militaire très efficace contre l’EI).
  • Contraindre Bachar el-Assad à quitter le pouvoir ou le renverser et convaincre l’opinion publique syrienne qu’il y a une alternative anti-Assad à l’EI.
  • Aider à trouver une réconciliation parmi les groupes divers de la societé syrienne pour faciliter la transition de la Syrie vers un avenir démocratique post-Assad.

Il y a 2 500 ans, le stratège chinois Sun Tzu a écrit que “en guerre, la façon de gagner est d’éviter ce qui est fort et attaquer ce qui est faible.” La force militaire de l’EI – ses armes et le fanatisme de ses militants – sont leur point le plus fort. La plus grande faiblesse de Daech est sa brutalité, voire sa barbarité, envers les populations conquises. C’est sa terreur utilisée contre les populations assujeties.

Il faut donc “attaquer” cette faiblesse de l’EI en montrant aux Syriens – et à tous les peuples actuellement gouvernés par la dictature de l’EI – qu’ils ont une chance d’un avenir de sécurité, de liberté et de paix. Mais l’Occident aura la capabilité à le faire – dans ce cas, la crédibilité morale – seulement s’il se distance complètement du régime d’Assad et exigera son départ ou le renversera.

Une alliance avec Assad discréditerait l’Occident complètement – en le démontrant comme hypocritique – et détruirait toute chance de victoire sur l’EI. Une alliance de l’Occident avec Assad ne laisserait au peuple syrien aucune possibilité de renverser ce dictateur sauf le soutien pour l’EI – et c’est ce que les Syriens choisiront si la seule alternative est le régime d’Assad.

Globalement, dans la lutte contre le terrorisme islamique, il ne suffit pas de le frapper la ou les djihadistes ont des bases. Il faut d’abord eliminer les causes premieres du terrorisme islamique. C’est-a-dire, tous les pays du Moyen Orient devraient commencer une transition democratique, vers un avenir sans dictatures, vers une forme du gouvernement qui conviendra le plus a ces pays mais qui respectera aussi les droits d’homme – pour tous leurs citoyens. Le Moyen Orient ne peut plus être gouverné par des dictateurs ou par des fanatiques religieux. C’est un récipe pour produire plus d’extremisme islamique et donc plus de terrorisme. Une telle transition sera sans doute très difficile, mais elle est nécessaire.

Il faudra donc progressivement abandonner les alliances/amitiés que l’Occident entretient actuellement avec les monarchies petrolières de la Péninsule Arabe. Il faut les contraindre (ainsi que contraindre la Turquie) à cesser leur double jeu et couper tous leurs liens avec tout groupe islamique. Il faut qu’ils cessent de soutenir la propagation de toute idéologie islamiste/djihadiste dans l’Occident.

Il faut aussi renforcer certains dispositifs de sécurité à l’Occident. Par exemple, il faut priver les djihadistes (au moins les binationaux) de leur nationalité occidentale, déporter ce qui ne l’ont pas, arrêter l’accueil des “réfugiés” syriens, fermer tous les sites et chaines YouTube djihadistes, armer les polices municipales et les services de sûreté de la RATP et la SNCF et équiper tous les transports en commun de vidéoprotection. Il est aussi possible d’installer des détecteurs de métaille/d’explosifs aux portes du métro, du RER et des certains quais ferroviaires.

Mais ce sont des mesures qui peuvent seulement adoucir le problème, pas le résoudre.

Surtout, il ne faut absolument pas rendre les libertés qui ont fait de l’Occident la meilleure civilisation au monde. Il faut, en fait, abroger les dispositifs et lois répressifs qui ont été adoptées depuis le 11 septembre 2011 et particulièrement depuis les attentats du janvier 2015. Ces dispositifs n’ont fait et ne feront RIEN pour nous protéger contre le terrorisme. En fait, ils ont déjà complètement et incontestablement échoué, comme les attentants du 13 novembre 2015 démontrent.

Rendre nos libertés et créer un état policier, cela donnerait aux terroristes islamiques la victoire même qu’ils cherchent.

 

New START treaty: An Utter Failure


The State Department has released the newest (September 2015) data on U.S. and Russian strategic weapon inventories disclosed under the New START treaty.

And boy, is the data troubling!

Since the last disclosure (in July 2015, based on March 2015 numbers), Russia has significantly INCREASED its arsenal of deployed strategic nuclear warheads (i.e. ones aimed at the United States) from 1,582 then to 1,648 today, a hike of 66 warheads. Likewise, its fleet of deployed strategic warhead delivery vehicles (i.e. missiles and aircraft carrying those warheads) has grown from 515 then to 526 now. This does not count Russia’s fleet of 151 Tu-22M strategic bombers (not counted under New START) that are capable of carrying 10 nuclear-tipped cruise missiles each.

As Pavel Podvig explains on his blog:

“The increase of 66 deployed warheads and nine launchers is most likely due to the deployment of Bulava missiles on the Alexander Nevskiy submarine that was completed in April 2015. Also, some older missiles were probably withdrawn from service.”

This is because, as I’ve pointed out in numerous publications, including my forthcoming book on nuclear deterrence, Russia is replacing older, single- and four-warhead missiles with new ones carrying up to 10-12 warheads. The Bulava submarine-launched ballistic missile carries up to 10 warheads, as do new Russian Yars and Yars-M ICBMs.

By contrast, the US has unilaterally cut its inventory of deployed strategic warheads and launchers. It currently deploys 1,538 strategic warheads (1,597 in March) and 762 delivery systems (785 in March). This means the US is essentially unilaterally disarming itself while Russia is rapidly building up its strategic nuclear arsenal. In other words, the US is slowly committing national suicide.

This also means that the US is strictly complying with the New START treaty and has already gone below the limit of 1,550 warheads authorized by that accord, while Russia is ignoring the pact and is growing up, rather than cutting or even freezing the growth of, its strategic deployed nuclear stockpile. This is consistent with the United States’ record of rigorously complying with arms control treaties and with Russia’s record of systematically violating them.

All of this means that the pro-arms-control community – including the Arms Control Association, the Center for Arms Control and Nonproliferation, the Ploughshares Fund, et al., as well as the Obama Administration – were dead wrong when they extolled the New START treaty’s supposed virtues.

They claimed the treaty would keep check on Russia’s nuclear arsenal and even lead to cuts in it while promoting strategic stability and transparency. But the treaty has utterly failed to do so. Instead, it has led to a deep, unilateral cut in America’s nuclear arsenal while allowing Russia to embark on the largest strategic nuclear buildup since the Cold War. It has allowed Russia to significantly increase its strategic nuclear arsenal – and if recent experience is any indication, Russia’s nuclear arsenal will grow in the future still further.

Nor has the treaty led to greater strategic stability and transparency. On the contrary, Russia’s strategic nuclear buildup, coupled with America’s unilateral disarmament, are gravely undermining strategic stability – between the two countries as well as globally. And Russia’s transparency on nuclear matters, especially regarding its strategic missiles, has only declined since New START’s ratification.

Yet, these organizations still falsely claim that New START  is “doing its job”. But what is New START’s “job”? What is the treaty’s purpose?

If it is to make the U.S. cut its strategic nuclear arsenal unilaterally, New START is doing that job superbly.

However, if its purpose is, or was, to reduce or at least freeze the Russian nuclear arsenal and to promote strategic stability and nuclear transparency on Russia’s part, the treaty has utterly failed to fulfill any of these purpose. It is an utter, unqualified failure.

Contrary to the pro-arms-control community’s and the Obama Administration’s claims that the treaty – and nuclear arsenal cuts more broadly – advance US national interests, the contrary is true. New START, and cuts in America’s nuclear deterrent more arsenal, only undermine U.S. national interests and national security by undermining its deterring power while allowing America’s potential adversaries to build up their arsenals – and thus their ability to threaten the U.S. and its allies.

No accord is a better example of this than New START.

Making matters worse, the treaty:

  • Does not count Russia’s 151 Tu-22M strategic bombers as strategic, and therefore doesn’t limit this bomber fleet (and the nuclear weapons deployed on it) at all. Yet, the Tu-22M is clearly a strategic, intercontinental bomber. Even without aerial refueling, it can hit targets on the West Coast if flown from Chukotka. With air refueling, it can hit any targets anywhere in the US (or the world, for that matter).
  • Does not prohibit Russia from developing rail-based ICBMs – which Russia is doing right now.
  • Does not limit Russia’s nuclear-tipped submarine-launched cruise missiles (SLCMs). (The U.S. has no such missiles, only conventional ones. The nuclear-armed ones were withdrawn from service in 2010 by the Obama administration as part of the administration’s unilateral disarmament policy.)
  • Does not at all limit Russia’s tactical nuclear arsenal, which is 10 times greater than that of the U.S.

The New START treaty is, by any objective yardstick, an utter failure and a grave threat to U.S. national security.

What The U.S. Government Should Do

Congress should:

  • Fully fund, and where appropriate, increase funding for, U.S. nuclear arsenal modernization – the missiles, the submarines, the bombers, the warheads, and the facilities.
  • Require the USAF to make the Long Range Strike Bomber ready for, and certified for, nuclear missions as soon as the said bomber type enters service.
  • Completely cut off funding for New START implementation until Russia: a) starts significantly reducing its deployed strategic arsenal; and b) resumes compliance with the INF Treaty.
  • Impose the heaviest economic sanctions possible on Russia if it doesn’t comply with the above, and if it still doesn’t comply, permanently prohibit implementation of the New START treaty.

The Executive Branch should:

  • Impose the heaviest economic sanctions possible on Russia if it doesn’t comply with the above, and if it still doesn’t comply, abrogate the New START and INF Treaties.
  • If Russia does comply, renegotiate new START si that it will cover Russia’s 151 Tu-22M bombers, limit nuclear-tipped SLCMs, prohibit the deployment of multiple warheads on ICBMs, and prohibit the development of rail-based ICBMs. Counting the Tu-22M bombers would increase the number of deployed strategic Russian delivery systems from 526 to 787, and the total number of delivery systems from 890 to 1,041, requiring Russia to dismantle 241 such systems (e.g. all Tu-22Ms and a further 90 delivery systems).

 

Réponse aux mensonges des députés russophiles


http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/08/03/31001-20150803ARTFIG00227-mistral-8-raisons-de-lever-les-sanctions-contre-la-russie.php

Il y a quelques jours, des députés russophiles (notamment Thierry Mariani, Nicolas Dupont-Aignan, et Patrick Balkany, le maire de la commune la plus endettée en France) ont publié dans Le Figaro un article mensongère qui prétend de donner 8 raisons pour supprimer les sanctions de l’UE contre la Russie et livrer deux navires Mistral à ce pays. Ici, je repondrai à leurs mensonges:

  1. “Pour l’industrie française. Ne pas livrer les Mistral serait une aberration commerciale. Des centaines d’ouvriers, d’ingénieurs, de commerciaux, nos diplomates, le ministère de la Défense ont travaillé pendant plusieurs années pour que ce contrat soit réalisé. Ce contrat doit être honoré, si la France ne livrait pas les Mistral elle devrait rembourser la Russie. Sommes-nous prêts à perdre 1,2 milliard d’euro? Les navires sont équipés de telle façon que seule la Marine russe peut utiliser les systèmes de navigation et d’armes, vendre à un autre pays serait insoutenable. “

Mais la non-livraison des Mistral ne menace pas du tout les emplois à DCNS et STX, pour deux raisons: d’abord, ces bâtiments ont déjà été construits, donc il n’y a plus de travail à faire sur eux; et deuxièmement, ces deux societés ont déjà un carnet de commandes plein. En plus, il y a déjà plusieurs pays – surtout l’Egypte et l’Arabie Saoudite – qui sont très, très interesses par ces navires.

En fait, la decision de ne pas livrer les Mistrals sera très bénéfique pour l’industrie française, parce qu’elle donnera a la France la credibilité nécessaire pour gagner des contrâts de la marine australienne, canadienne, polonaise, et des autres. En seule Australie, DCNS est en lice pour le contrât de siècle (qui vaudra jusqu’à 30 Mds d’Euros) pour 12 sous-marins pour la marine royale australienne. Pour la marine polonaise, la DCNS est aussi en lice pour la construction des sous-marins (le contrât vaudra 1.8 Mds d’Euros) et des corvettes. Enfin, pour le Canada, la DCNS et STX pourrait vendre une licence de construction des Mistral pour la marine royale canadienne.

Hors du sector navale, la France est en lice pour des commandes pour ses chasseurs Rafale, notamment au Canada, en Belgique, en Finlande, en Danemark, et en Pologne. Sauf la Finlande, tous ces pays sont membres de l’OTAN, et sont tous – comme la Finlande – menacés par la Russie. Si la France avait livré les Mistral a la Russie, elle n’aurait eu aucune crédibilité dans les yeux de ces pays.

Ces contrâts vaudront plusieurs fois plus que le maigre contrât pour 2 Mistral pour la Russie, dont la valeur est seulement 1,2 Mds d’Euros. En comparaison, la valeur de la seule commande des 50 helicoptères Caracal par la Pologne est 2,5 Mds d’Euros. Faites donc les maths.

2) “Pour la réputation de la France. La France doit sauvegarder sa crédibilité en tant que fournisseur d’armement.”

Quant a la reputation de la France, c’est la livraison des Mistrals a la Russie – un pays aggresseur – qui serait vraiment nuisible a la reputation de l’Hexagone. Tout le monde civilise (y compris tous les allies et amis de la France) avait pressure la France a ne pas livrer ces batiments. Si la France avait livre les Mistral à la Russie, elle aurait livré des navires de guerre à un pays aggresseur qui a illégalement envahi un autre pays et annexé une partie de son territoire – en violation de la Charte des Nations Unies et du Protocole de Budapest. Paris aurait donc reçu une condamnation universelle (et bien meritée). Tout le monde civilisé aurait reproché à la France : “Comment pouvez-vous fournir d’armes àun aggresseur ?”

La non-livraison des Mistral ne nuit pas à la réputation et la crédibilité de la France dans les yeux d’aucun pays… à l’exception de la Russie elle-même.

Ce n’est guère le premier cas où la France a annulé la livraison des armes (ou même des navires de guerre) à un pays qui a envahi un de ses voisins. En 1967, la France avait mis un embargo sur les livraisons d’armes à l’Israel suite à son attaque contre ses voisins dans la Guerre des Six Jours. En consequence, elle a refusé la livraison de corvettes a l’Israel. Cette décision du Général de Gaulle n’a guère nuit à la crédibilité de la France.

3) “Pour la grandeur de la France. La France doit, conformément à son héritage diplomatique, être une puissance d’équilibre. La France doit permettre et garantir le dialogue entre les Etats-Unis, l’Allemagne, la Pologne et la Russie. La France ne doit subir les diktats de ses voisins mais défendre ses intérêts et la paix en Europe.”

Armer un aggresseur, ca ne sert pas du tout à augmenter la grandeur de la France. Une telle politique serait, en fait, très NOCIVE aux interêts et à la grandeur de la France – et à la cause de la paix en Europe, qui est aujourd’hui menacée par la Russie. En refusant la livraison des Mistral, la France n’a pas subi des diktats, elle a decidé en faveur de sa crédibilité dans les yeux de tous ses vrais partenaires et alliés européens et occidentaux.

4) “Pour sauver nos emplois. Les sanctions sanctionnent d’abord la France et l’Europe, en janvier dernier les Etats-Unis ont signé un contrat d’1 milliard en janvier pour importer des moteurs de fusée RD 181 et la société Bell américaine assemblera, cette année, des hélicoptères Bell en Russie. Une récente étude publiée par le Figaro indique que l’Europe pourrait perdre 2 millions d’emplois en raison des sanctions et 100 milliards d’euros de richesses produites. Les exportations françaises ont diminué de 35% au premier trimestre 2015, par rapport au premier trimestre 2014.”

Cette “étude” est une complète mensonge produite par des russophiles qui souhaitent une politique d’apaisement envers l’aggresseur russe. Quant à l’importation des moteurs de fusée RD-181 par les Etats-Unis, c’est une conséquence (n.b. très nuisible a l’independance stratégique des USA) sur la technologie russe – dont les USA veulent se débarrasser.

5) “Pour défendre nos intérêts. Les intérêts français en Russie sont considérables. Nous sommes le deuxième partenaire commercial européen de la Russie, nous exportons des biens à forte valeur ajoutée et avons noué des coopérations industrielles stratégiques avec la partie russe, dans le domaine aéronautique, du nucléaire et du spatial.”

Les intérêts français en Russie sont marginaux. Les exportations annuelles de la France avant les sanctions n’excedaient jamais 2 Mds d’Euros. La Russie n’est pas interessée aux biens français; elle importe presque tout dont elle a besoin de l’Allemagne, de très loin son premier partenaire commercial européen. La coopération industrielle avec Moscou  dans le domaine aéronautique, du nucléaire et du spatial est aussi marginale – et n’est en aucun cas comparable avec celle avec les pays européens ou même les USA (quelles composantes la Russie contribue-t-elle aux avions Airbus, par exemple?).

6) “Pour l’amitié franco-russe. Sans la Russie l’Europe serait mutilée, tourner le dos à la Russie est une erreur historique et stratégique majeure. La crise ukrainienne risque d’affaiblir durablement les relations entre la France et la Russie, nous devons l’éviter. La France et la Russie s’inspirent l’une, l’autre depuis au moins trois siècles. (…) Au plus fort de la guerre, le général de Gaulle qui affirmait que «pour la France et la Russie, être unies, c’est être fortes, être désunies, c’est être en danger», avait constitué l’escadrille Normandie-Niemen.”

Ce sont aussi des mensonges. La France et la Russie ne se sont jamais inspirés l’une de l’autre. Il y a trois siècles, dans les années 1700, lorsque toutes les autres cours européennes s’exprimaient en français et imitaient Versailles, la Russie fut un pays isolé, toujours très tardif à se reformer. Pendant les guerres de Revolution et les guerres napoleoniennes, la Russie fût un ennemi de la France (c’est elle qui a reinstauré la monarchie des Bourbon). Elle le fût aussi pendant la Guerre de la Crimée. Ce n’est qu’en 1892 qu’elle est devenue un allié de la France – mais après la révolution bolchevique, le Kremlin a confisqué les biens industriels français en Russie.

La Russie a toujours été un pays fermé aux idées occidentales et aux réformes à la occidentale. C’est un pays asiatique, bien que une partie de son territoire se trouve géographiquement en Europe.

La France et la Russie soviétique ont combattu le nazisme ensemble, c’est vrai – mais ce n’était qu’une alliance temporaire, une alliance tactique, dictée par la Seconde Guerre Mondiale.

Pendant les crises de la Guerre Froide, comme la crise de missiles au Cuba, le général de Gaulle avait soutenu les USA, non la Russie soviétique, bien qu’il ait cherché a débarrasser la France de la domination américaine. Parce que, quoi qu’il en soit, les USA sont (et ont toujours été) un allié de la France, au contraire de la Russie.

7) “Pour la paix en Europe. Pour mettre un terme aux tensions actuelles et à ce jeu inutile de sanctions et de contre-sanctions, choisissons une sortie de crise ambitieuse sans attendre. L’unique solution est de relancer la coopération entre l’Ukraine, la Russie et les autres pays européens. L’erreur du partenariat européen établi avec la Géorgie et la Moldavie, l’Union européenne l’a répétée avec l’Ukraine. Plutôt que de prévoir un partenariat européen unique et inconditionnel avec ces pays, il fallait prévoir un partenariat européen et russe. Le continent européen ne doit pas être un champ de bataille ou chacun des pays dispose de son pré carré. Nous devons construire une grande Europe: la France et la Russie doivent être les initiateurs et les porteurs de ce projet positif pour l’Europe.”

C’est totalement irréaliste. Une grande Europe? Un partenariat avec la Russie? Moscou n’est pas interessée à un “partenariat” avec l’Europe mais à une domination sur le continent (et surtout sur l’Europe de l’est).

Les dix députés disent que “le continent européen ne doit pas être un champ de bataille ou chacun des pays dispose de son pré carré”, mais ils veulent en realité le contraire exact : une division de l’Europe a la Yalta en zones d’influence! Et bien evidemment, dans un tel projet, les pays de l’Est européen se trouveraient sous la domination de la Russie. Ils disent que le partenariat de l’UE avec la Georgie, la Moldavie, et l’Ukraine etait une “erreur” mais qu’il faut nouer un tel partenariat avec la Russie !

En ce qui concerne la paix, c’est la Russie qui la menace – pas l’UE ou les USA. C’est la Russie qui a illégalement envahi deux de ses voisins (la Géorgie et l’Ukraine) et annexé des parts de leurs territoires. C’est la Russie qui a illégalement developpé et deployé des missiles sol-sol de moyenne portée en violation du Traité INF. C’est Moscou qui est en train d’augmenter, d’une manière importante, son arsenal atomique, et c’est Moscou qui a menacé de le cibler ou même l’utiliser contre les pays de l’est européen, la Suède, et la Danemark. Ce n’est pas l’Ukraine, la France, ou les USA. C’est donc la Russie qui menace la paix d’Europe – et du monde entier.

“8) Pour le développement de l’Ukraine.”

Mais il est impossible pour un pays de redresser son economie lors qu’il subit une invasion d’un aggresseur et lorsqu’une part importante de son territoire est occupee. Les deputes russophiles disent en plus dans ce paragraphe:

“Deux exigences doivent être respectées: la fédéralisation de l’Ukraine et sa neutralité.”

Ce sont des exigences russes. Si ces députés sont vraiment des “Français Libres”, pourquoi est-ce qu’ils exigent le respect des exigences d’un autre pays – et en plus, un aggresseur?

Ils ne demandent pas que la souveraineté, l’indépendence, et l’intégralité territoriale de l’Ukraine – violées par la Russie – soient respectées.

Ces mensonges demontrent que ces deputes ne sont pas de “Français Libres” mais des traîtres et des propagandistes pro-russes.

Enfin, il faut répondre à la suggestion implicite de leur propos que le Général de Gaulle aurait livré les Mistrals à la Russie.

C’est faux. L’Homme du 18 juin voulait la coopération de la Russie (alors soviétique) pour contrer la domination des USA sur l’Europe occidentale dans les années 60. Mais il comprenait parfaitement (et même mieux que certains présidents et sécretaires d’Etat des USA) que la Russie soviétique était une menace à l’Occident.

Le Fondateur de la France libre n’hesitait pas à lancer un pied-de-nez aux Soviétiques en septembre 1967, à Varsovie, en parlant d’une “Europe de l’Atlantique à l’Oural” pour réclamer la liberté des peuples de l’est européen et la dissolution des deux grands blocs.

Parce que le Fondateur de la Cinquième République était, avant tout, un défenseur ardent de la liberté des peuples et des pays de disposer d’eux-mêmes. Il réclamait cette liberté pour la France (bien evidemment) et pour les autres pays du monde. Et il a fait de la France un modèle pour tous les pays du monde à imiter.

Non, le général de Gaulle n’aurait jamais livré des navires de la classe Mistral à une Russie aggressive, tout comme il n’avait pas soutenu la Russie soviétique dans la crise de Cuba.